Le syndrome [E] / Franck Thilliez

Publié: 23 avril 2012 dans Polar français
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Le syndrome [E] est un roman de Franck Thilliez initialement paru au Fleuve Noir en octobre 2010 (il est depuis disponible en poche chez Pocket).

syndrome-E.jpgRésumé

Liège, Belgique

Ludovic Sénéchal, cinéphile et collectionneur de la région lilloise a fait le déplacement outre-Quiévrain après avoir vu une annonce sur Internet. Un particulier possédant plus de 800 bobines anciennes est disposé à les vendre à bon prix. Sur place, Ludovic perd la vue en visionnant l’un de ces vieux films. Le lieutenant Lucie Henebelle voit ses vacances écourtées : on la charge de l’affaire du film qui rend aveugle.

Notre-Dame-de-Gravenchon, Seine-Maritime

Lors de travaux pour installer un pipeline, le conducteur d’un bulldozer fait une macabre découverte : sa pelle rencontre un corps humain. Au final, c’est pas moins de cinq cadavres qui vont être déterrés. Les corps, des adultes de sexe masculin, n’ont plus de mains, plus de dents et même leur crâne a été scié pour en extraire le cerveau. En l’absence de la moindre piste, la Crim’ demande au profiler Franck Sharko de reprendre le service.

Mon avis

Dans Train d’enfer pour ange rouge, et surtout  Deuils de miel (mon Thilliez préféré), j’avais beaucoup aimé le personnage de Sharko, ce flic torturé, pour qui j’avais eu beaucoup d’empathie. N’ayant pas lu un Thilliez depuis  L’anneau de Moebius, c’est donc avec un double intérêt que j’ai ouvert ce Syndrome [E] : voir l’évolution de l’auteur et retrouver Sharko.

Je suis Thilliez depuis ses débuts dans la collection Rail/Noir, alors qu’il était encore anonyme, lui qui, vous le savez peut-être, a pris une nouvelle dimension au niveau de la notoriété et des ventes ces dernières années, après l’adaptation ciné de La chambre des morts et son transfert du Passage au Fleuve Noir.

On retrouve ici ce qui a fait le succès de ses premiers romans.

Des intrigues solides et plutôt originales – le film qui rend aveugle ici, par exemple. Des intrigues, oui, car au départ il y en a bien deux, distinctes, bien qu’il ne faille pas être grand clerc pour deviner qu’elles vont être amenées à converger, tout comme Sharko et Hennebelle (qui avait elle aussi enquêté dans deux précédents romans : La chambre des morts et  La mémoire fantôme).

Une capacité à apporter au lecteur des connaissances scientifiques sur des sujets divers (le cerveau, le cinéma d’antan…) tout en ayant l’air de ne pas y toucher.

Une maîtrise du niveau de suspense que d’aucuns peuvent lui envier. Franck Thilliez parvient à accrocher son lecteur dès le départ puis ne le lâche plus, sans pour autant en rajouter des caisses comme pourrait le faire l’auteur de thriller novice, prêt à en mettre plein la vue à son lecteur avec force cliffhangers plus ou moins réussis à l’appui.

Des personnages réalistes, tourmentés et travaillés en profondeur, auxquels il est plutôt aisé de s’identifier, bien loin des super-héros que l’on rencontre parfois dans le polar. Sharko a évolué depuis la dernière fois. Il n’est pas en grande forme (on le serait à moins) et a désormais quelques lubies qui rappelleraient presque Monk, autre enquêteur de fiction (il lui faut nécessairement une baignoire à l’hôtel par exemple).

Nonobstant ces qualités, je n’ai pas été totalement convaincu par Le syndrome [E]. Je pense que ma déception est en grande partie due à une composante du récit à laquelle l’auteur ne m’avait pas habitué jusqu’à présent : l’histoire d’amour. Je l’ai vue venir petit à petit, et j’ai eu le temps de me dire «non, il va quand même pas nous faire ça, on est pas dans un Harlequin là. » Et pourtant si… Peut-être que certains lecteurs (certaines lectrices ?) auront trouvé cet aspect réussi. Tant mieux. Pour ma part je ne l’ai même pas trouvé pertinent et je pense qu’on aurait très bien pu s’en passer.

Ma semi déception vient sans doute aussi du fait qu’on m’a beaucoup vanté ce roman, et en particulier son dénouement censé obliger le lecteur à se ruer sur la suite. J’ai trouvé qu’il était correct mais qu’il ne cassait pas pour autant trois pattes à un canard.

Au final, et bien que n’ai pas retrouvé le même plaisir de lecture que celui que j’avais éprouvé à lire   Deuils de miel , j’ai passé un bon moment avec Le syndrome [E] et je lirai sans doute GATACA un jour ou l’autre, mais je n’ai nullement éprouvé le besoin de me ruer dessus.


Le syndrome [E], de Franck Thilliez, Fleuve Noir (2010), 430 pages.

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commentaires
  1. windows 8 install dit :

    Thanks for the information and sharing about some of the best books and writing about the book titled Syndrome [E] / Franck Thilliez. I think such share and the book review is a very effective way to help people understand and build interest in the book.

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  2. Pyrausta dit :

    je les ai tous lus, pas forcement chroniqués, pas bien.Mais j’aime , j’adore cet auteur qui ne me déçoit jamais pour tout ce que tu as dit.Meme l’histoire entre les deux flics est bien amenée et ce n’est pas fleur bleue car ils vont en baver….mais je te laisse le plaisir de le decouvrir. J’attends avec impatience son prochain, en Octobre.

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  3. Hannibal dit :

    J’ai cru comprendre ça en effet, qu’ils allaient en baver, mais je ne sais même pas si je lirai GATACA un de ces quatre. On verra bien…

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  4. Enigma dit :

    Ok! merci du conseil =D

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  5. Enigma dit :

    Si je comprends bien , faut se ruer sur  » Deuils de miel » 😉

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  6. Hannibal dit :

    Oui carrément, à condition d’aimer le thriller et de ne pas avoir peur d’une lecture un peu, comment dire… éprouvante ! Par contre, commencez absolument par Train d’enfer pour ange rouge si vous comptez lire les deux. Il ne faut lire Deuils de miel qu’après celui-ci, sinon c’est un coup à complétement gâcher la lecture de l’autre !

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  7. Stéphanie dit :

    Je cherchais un policier à lire… Je me suis dit « tiens, et si tu allais voir le dernier post d’Hannibal, que tu viens de découvrir… » Bingo ! J’ai entre les mains le syndrome [E] d’un auteur que je n’ai, pour ma part, jamais lu. Et j’avoue que le côté romance ne me rebute pas 🙂

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  8. Hannibal dit :

    Bonne découverte de Thilliez alors, j’espère que ça vous plaira.

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