Le Cherokee / Richard Morgiève

Publié: 13 février 2019 dans Polar français
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Le Cherokee est un roman de Richard Morgiève qui vient de paraître aux éditions Joëlle Losfeld.

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1954, Panguitch, comté de Garfield, Utah.
Nick Corey, effectue sa tournée de nuit habituelle. Mais tandis qu’il découvre une voiture abandonnée au détour d’un chemin, le shérif voit atterrir un avion de chasse à cet endroit incongru. Se rendant rapidement au pied de l’appareil, le plus curieux reste à venir. Aucune trace d’un quelconque pilote. À croire que le Sabre s’est posé tout seul. Concernant le véhicule délaissé, pas de trace du chauffeur là non plus, tout juste une fragrance féminine. Un parfum français peut-être ?
Cela fait beaucoup de mystères d’un coup pour ne pas titiller sérieusement la curiosité d’un type comme Corey.

Mon avis

Écrivain, scénariste, dramaturge et même acteur, Richard Morgiève est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, principalement des romans. Il a publié son premier texte en 1980, reçu de nombreuses récompenses et entretenu une correspondance avec d’autres écrivains comme Jean-Patrick Manchette, qui appréciait visiblement son œuvre.

Avec Le Cherokee, il revisite à sa manière le récit de serial killer. L’écriture est singulière, belle dans l’ensemble, avec des mots choisis avec soin. Mais l’auteur se permet parfois soudainement un grand écart et peut virer tout à coup dans un style bien plus cru – pour ne pas dire vulgaire. Déstabilisant parfois, mais globalement à propos lorsqu’on se met un peu à la place de Nick Corey, qui en voit des vertes et des pas mûres. Sans trop déflorer l’intrigue, assez classique au demeurant, disons simplement que le shérif se retrouve sur la piste d’un tueur qui pourrait bien avoir un rapport avec la mort aussi prématurée qu’ignoble de ses parents. Celui qu’on surnomme rapidement le Dindon – si personne ne l’a vu, on l’a entendu glousser, ou plutôt glouglouter – semble être de retour et vouloir jouer avec Corey. Malgré l’assistance du FBI, en la personne du sémillant Jack White, concernant le mystérieux atterrissage du sabre, affaire qui pourrait avoir une importance cruciale pour la nation en cette période de Guerre Froide et de maccarthysme, Corey patine. Pire, il semblerait qu’il ait toujours un train de retard. Et le Dindon semble prendre un malin plaisir à laisser des indices sur ses victimes.

La traque est intéressante à plus d’un titre mais devient parfois redondante tant les rebondissements se suivent et se ressemblent. Quant au final, il s’avère plutôt décevant. Les révélations ne convainquent qu’à moitié et certaines questions – parmi les plus passionnantes – sont même laissées sans réponse par l’auteur.

Fort bien écrit – certains passages, empreints de nostalgie, sont particulièrement réussis – Le Cherokee, qui s’annonçait passionnant, ne tient pas toutes ses promesses. La faute à quelques longueurs et à un final évasif qui laissera plus d’un lecteur sur sa faim. Dommage.

Le Cherokee, de Richard Morgiève, Joëlle Losfeld (2019), 467 pages.

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