Archives de la catégorie ‘Cinéma’

Paranoid Park

Publié: 16 mai 2010 dans Cinéma

En attendant de prochaines chroniques de lecture qui ne sauraient tarder (Seul le silence, Aux malheurs des dames…), quelques mots sur un très bon film sur lequel je suis tombé par hasard grâce à la magie de la zapette et au bonnes programmations d’Arte. D’accord, le film était à une heure indue, mais ça fait au moins le bonheur de quelques insomniaques.

Il s’agit de Paranoid Park, de Gus Van Sant, qui avait reçu le prix du 60e anniversaire du Festival de Cannes en 2007.

paranoid parkSynopsis

Alex, jeune skateur, tue accidentellement un agent de sécurité tout près du skatepark le plus malfamé de Portland, le Paranoïd Park. Il décide de ne rien dire.

Mon avis

De Gus Van Sant, j’avais déjà vu Elephant, que j’avais visionné une seconde fois dans la foulée tant la réalisation du film m’avait interpellé.

Ce n’est peut-être que mon ressenti mais je trouve qu’il y a beaucoup de similitudes entre le film sus-nommé et Paranoid Park.

Comme dans Elephant, Gus Van Sant nous replonge dans le monde perturbé des ados.
Alex, en plus d’être adolescent – ce qui en soit n’est pas forcément facile à vivre – doit faire avec cette culpabilité qui le ronge de l’intérieur depuis qu’il a, sans le vouloir, envoyé ad patres un gardien de nuit d’un seul malheureux coup de skate défensif (l’homme le rouait de coup de matraque). Terrible drame, pour le veilleur de nuit, qui bien sûr, ne méritait pas une telle fin, mais aussi pour ce jeune skateur qui ne trouve alors pas d’autre solution que de se taire, et d’essayer de vivre tant bien que mal avec la mort de cet homme sur la conscience. Et quel symbole que ce soit justement cette planche à roulettes qu’il aime tant, une des seules choses qui compte vraiment dans sa vie de jeune de seize ans, qui devienne en une fraction de seconde l’arme d’un crime qui doit rester inconnu.

Comme dans Elephant, le réalisateur n’a pas fait appel à des acteurs professionnels (du moins pas pour les premiers rôles) mais à des ados dont c’est quasiment le premier passage devant la caméra.
Et pourtant, à aucun moment le réalisateur nous donne de quoi désavouer son choix. Le jeu des acteurs est excellent, et surtout, tout y est tellement juste qu’on ne  pense même pas pendant le film qu’il s’agit d’acteurs. Avec une mention très bien pour Gabriel Nevins, qui campe le jeune Alex.

Comme dans Elephant, Gus Van Sant est un vrai virtuose de la caméra dans ce film. Ralentis, travellings,… le réalisateur enchaîne les effets mais sans abus, sans donner l’impression de trop en faire. Ces effets ne sont jamais gratuits et servent l’histoire, tout comme le fait la bande son, qui,  alliée à la réalisation, plonge le spectateur dans un climat tendu, presque oppressant.
Le scénario est simple, voire simplissime mais peu importe. Comme quoi quand c’est bien filmé et bien joué, il n’y a pas besoin d’un scénario hyper-complexe pour happer le public.

Et  pour rester sur les effets cinématographiques, et bien que j’ai vu Elephant il y a déjà un bon moment, j’ai l’impression (avec ce dont je crois m’en souvenir, faudrait d’ailleurs que je le revoie) que certaines scènes de Paranoid Park sont de vrais clins d’oeil au premier cité. Il y a par exemple un long travelling, nous permettant de suivre Alex dans les couloirs de son lycée lorsqu’il va avoir affaire au policier pour la première fois, qui fait étrangement écho aux travellings exceptionnels d’Elephant. Et aussi cette douche d’Alex qui m’a rappelé que l’un des deux jeunes d’Elephant passait aussi un long moment sous l’eau chaude avant de passer à l’acte.

Paranoid Park est un très bon film noir sur la culpabilité que je vous conseille bien volontiers. C’est sûr, ce n’est pas un film à voir pour se remonter le moral ou se fendre la poire, mais il vaut largement le temps qu’on s’y arrête.
Personnellement, il m’aura donné envie de revoir Elephant – voire de me plonger plus avant dans la filmographie de Gus Van Sant – mais aussi de lire Paranoid Park, le roman éponyme de Blake Nelson, puisque dans ce cas, comme bien souvent, les bons films sont de bonnes adaptations de (bons ?) romans.

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Valse avec Bachir

Publié: 19 mars 2009 dans Cinéma
Valse avec Bachir (Waltz with Bashir) est un film d’animation israëlien écrit, produit et réalisé par Ari Folman.
Sorti sur les écrans en 2008, il a fait partie de la sélection officielle du dernier Festival de Cannes, ce qui lui a apporté une certaine couverture médiatique.

Synopsis

Ari, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu’il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 !

Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades.

Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d’Histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d’aller interrogé à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d’armes.

Plus Ari s’enfoncera à l’intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface.

Mon avis

J’avais déjà entendu parler de Valse avec Bachir en bien, et c’est donc avec plaisir que j’ai accepté de le visionner, le DVD – qui vient de sortir – m’ayant été généreusement offert par Chez-les-filles.com.

Ce qui surprend dans un premier temps, ce sont les dessins, qui sont très bien fait, très réalistes, mais restent tout de même volontairement proches d’un point de vue graphique de l’univers de la BD (à cet égard, ils m’ont fait penser au jeu vidéo XIII, issu de la BD éponyme).
L’esthétique générale est très réussie, les tons, les couleurs… mais ce qui interpelle plus encore, ce sont les détails. Les jeux de lumière, la fumée, l’eau… tout y est parfaitement maîtrisé, et le rendu des plus réussis.
Après avoir prêté attention aux dessins dans les premières minutes, je me suis laissé happer par l’histoire, au point qu’arrivé à la fin, j’avais comme oublié que j’avais eu affaire à un dessin animé.

On suit avec intérêt le parcours d’Ari Folman – lui et le personnage principal du film ne font qu’un – qui n’a aucun souvenir de la guerre qu’il a vécu au Liban vingt ans plus tôt mais souhaite s’en souvenir.
Pour ce faire, il va voir ses anciens amis de l’armée, et l’on suit finalement grâce à eux, et à travers les nombreux flash-backs qui illustrent leur propos, « sa » guerre au Liban – celle-là même que sa mémoire avait préféré oublier – dans toute sa réalité et son horreur, avec notamment l’évocation du massacre de Sabra et Chatila, qui semble être l’élément déclencheur de son amnésie.
Ce massacre clôt d’ailleurs le film en faisant appel à des images d’archives, comme pour bien nous rappeler que même si l’on est dans un dessin animé, ces atrocités ont malheureusement bien eu lieu.

Au final, Valse avec Bachir est un film d’animation assez court (1h26), très réussi esthétiquement et servant parfaitement son propos.
Rappelons qu’il s’agit d’un film où la guerre est très présente et qu’en conséquence les personnes les plus sensibles pourraient être heurtées par la violence de certaines scènes, quand bien même celles-ci ne sont « que » dessinées.

Les bonus sont également très intéressants et permettent de mieux comprendre les motivations qui ont poussé Ari Folman à faire ce film, ou encore de se souvenir du triste contexte historique.

Diamant 13

Publié: 23 février 2009 dans Cinéma
Diamant 13 est un film français de Gilles Béat, sorti sur les écrans en janvier 2009. Au casting de ce polar, Gérard Depardieu, Olivier Marchal, Asia Argento, etc.
Ce film est adapté du roman d’Hugues Pagan, L’étage des morts – que je n’ai pas lu – initialement paru chez Rivages en 1994.

Synopsis

Mat est flic à la 13ème division nuit de la police criminelle. Personnage insubmersible et solitaire, attiré par les abysses, hanté par ses fantômes, Mat a depuis longtemps perdu l’illusion que la vie est peut-être ailleurs… Jusqu’au jour où son destin bascule sur un coup de fil de son vieil ami Franck, qui lui propose un plan. LE plan. Un détournement d’argent sale et facile, un coup forcément parfait. Tellement parfait que Mat se retrouve bientôt obligé de démonter, entouré d’un carré de dames qui vont de pique à coeur, les rouages d’un système corrompu qui coûtera la vie de son seul et unique ami.

Mon  avis

Si Olivier Marchal n’est pas cette fois derrière la caméra – il est ici acteur, mais aussi à créditer des dialogues et du scénario en collaboration avec Gilles Béat et Hugues Pagan – on retrouve toutefois dans Diamant 13 la noirceur de ses précédents films (voir mon article sur MR73).

Le scénario n’est certes pas des plus complexes, mais l’histoire se laisse suivre très agréablement, ne serait-ce que parce que l’ensemble est bien réalisé, esthétiquement parlant surtout.
Au niveau de l’intrigue, j’ai été assez déçu. Très peu de surprises dans ce film, les quelques rebondissements qui nous sont offerts étant facilement prévisibles, voire téléphonés.

Le plus difficile pour moi aura été d’essayer d’oublier l’acteur Gérard Depardieu pour essayer d’y voir à la place un policier de la brigade de nuit. Je n’y suis jamais vraiment parvenu.
De plus, le personnage qu’il interprète n’est pas très crédible. Il réussit trop facilement ce qu’il entreprend, s’en sort toujours quasiment sans problème, etc.
Heureusement, les autres acteurs sont plus convaincants, et ce jusqu’aux « petits » rôles (je pense surtout aux membres de cet étrange jazz-band).

Au final Diamant 13 est un assez bon polar, qui se laisse agréablement visionner mais ne me laissera pas de souvenirs impérissables.

Même si j’ai été moins emballé par ce film, j’aime bien l’univers (sombre) d’Olivier Marchal et certains de ses futurs films (de ou avec lui) m’intéressent déjà fortement. C’est le cas de L’absolue perfection du crime et de La ligne noire, adaptations de deux romans que j’ai appréciés, respectivement de Tanguy Viel et de Jean-Christophe Grangé.

La boîte noire

Publié: 18 janvier 2009 dans Cinéma
Après avoir lu la nouvelle La boîte noire et la bande dessinée du même nom, je boucle ma liste des différentes versions de cette œuvre imaginée par Tonino Benacquista avec le film éponyme.
Celui-ci est sorti dans nos salles obscures fin 2005. Il a été réalisé par Richard Berry et on y retrouve entre autres José Garcia et Marion Cotillard dans les rôles principaux.

Synopsis

A la suite d’un accident de voiture, Arthur est plongé pendant quelques heures dans un coma. Durant sa phase d’éveil, dans un délire verbal, il exprime des phrases incohérentes qui trouvent leurs racines directement dans son inconscient.
A son réveil, il est face à une curieuse énigme : Que faisait-il la nuit sur cette route, proche de Cherbourg ?
Ses phrases inquiétantes, dérangeantes et libératrices ont été notées dans un carnet noir par Isabelle, une des infirmières de l’hôpital. Pour l’aider à répondre à ses questions, Isabelle remet à Arthur, comme si elle lui offrait un trésor, le témoignage écrit de son délire.
Dès cet instant commence pour Arthur une incroyable aventure ; il sera à la fois la victime, le coupable et l’enquêteur…de sa propre vie.
Envahi par les traumatismes de notre inconscient, nous faut-il pour autant écraser les souvenirs qui nous encombrent ?

Mon avis

Je m’attacher ici à parler des aspects cinématographiques de ce film.
Concernant l’histoire de La boîte noire à proprement parler, vous pouvez vous référer à mon article sur la nouvelle.

Tout d’abord j’ai envie de dire que j’ai trouvé l’ensemble très bien filmé, et ce autant du point de vue visuel que sonore.
Certaines scènes sont excellentes, et parfois non dénuées d’un certain humour. Je pense par exemple à la scène de l’interrogatoire du personnage principal par les deux policiers.
Certaines transitions entre deux plans sont également réussies.

Concernant le scénario, le film n’a pas (ou n’a plus ?) grand chose à voir avec les deux autres supports. Si la BD était l’adaptation on ne peut plus fidèle du texte d’origine, le film prend ses distances avec la nouvelle.
Le point de départ est bien sur le même, mais le reste diffère beaucoup, les scénaristes ayant pris des libertés assez importantes, même du point de vue de l’intrigue.
L’aspect « descente aux enfers » du personnage principal, qui tente d’étranges expériences (hypnose, psychotropes) pour retrouver la mémoire, puis sombre peu à peu dans un état proche de la folie, est à mes yeux mieux rendu dans le film (la folie, c’est sûrement plus évocateur à l’écran, visuellement ?).

L’aspect négatif de ce film selon moi est qu’il joue un peu trop avec les poncifs du film d’angoisse.
A force de vouloir faire fort dans le frissonnant, le tout paraît « too much » et certaines scènes ne prennent plus. Pourquoi faire errer Garcia, seul dans Paris ? Qu’apporte vraiment cette scène ?

Cette dérive mise à part, le film La boîte noire par Richard Berry est certes assez différent de la nouvelle d’origine du point de vue scénaristique mais n’en demeure pas moins agréable à voir.

Le crime est notre affaire

Publié: 22 octobre 2008 dans Cinéma
Le crime est notre affaire est la troisième adaptation par Pascal Thomas d’un roman d’Agatha Christie après Mon petit doigt m’a dit et L’heure zéro dont j’avais déjà parlé ici-même.
On y retrouve André Dussolier et Catherine Frot dans le rôle des époux Beresford qu’ils avaient déjà occupé dans Mon petit doigt m’a dit.

Par contre méfiez-vous ! Je me suis fais avoir en beauté : ce film n’est pas l’adaptation du livre d’Agatha Chistie portant le même nom mais bien celle du Train de 16h50, autre roman de la reine du crime dans lequel l’enquête n’était pas mené par les Beresford mais bien par Miss Marple.

Résumé

Bélisaire et Prudence Beresford se reposent dans leur petit château qui domine le lac du Bourget. Bélisaire est heureux, mais Prudence s’ennuie. Elle rêve d’une bonne fée, qui les propulseraient dans des aventures truffées de mystères… Cette bonne fée lui apparaît sous les traits de sa tante belge Babette, qui assiste à un crime horrible de la fenêtre d’un train. Malgré le scepticisme de Bélisaire, Prudence part à la recherche du cadavre. Elle se fait engager comme cuisinière dans un inquiétant château, où est réunie une bien curieuse famille, composée d’un vieillard irascible et de ses quatre enfants, et où d’authentiques sarcophages recèlent de bien étranges surprises…

Mon avis

Je crois que je suis définitivement tombé sous le charme des adaptations « christiesques » de Pascal Thomas.

Le casting est comme toujours aux petits oignons.
On retrouve les excellents André Dussolier et Catherine Frot, dans le rôle de ces enquêteurs excentriques que sont les époux Beresford. Frot  – Prudence Beresford dans le film – est cette fois davantage mise en avant que son époux, ce qui est normal lorsque l’on sait que cette enquête était initialement menée par Miss Marple.
Citons également Claude Rich, exceptionnel dans le rôle du chef de maison, un avare en fin de vie dont les fils lorgnent sur l’héritage, ainsi que les acteurs « fétiches » du réalisateur, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud ou encore Valériane de Villeneuve, très drôle dans son rôle de bonne un brin loufoque.

J’approuve totalement la dernière phrase de la biographie de Pascal Thomas sur Allociné : « On y retrouve (dans ses adaptations de Christie) la fantaisie du cinéaste, et son goût pour les seconds rôles hauts en couleurs ». Effectivement, si les « grands rôles » sont tenus par de très bons acteurs, c’est surtout la qualité des seconds rôles qui fait le charme des films de Pascal Thomas.

Comme toujours, l’humour est très présent, avec des scènes d’anthologie faisant rire aux éclats toute la salle, comme celle où Dussolier, en kilt, nous fait un remake de la fameuse scène de la jupe de Marylin Monroe.
La scène finale est également très drôle, mais je ne peux pas vous en dire plus sans vous gâcher un plaisir certain.

Le crime est notre affaire est vraiment le type-même de films avec lesquels on passe un excellent moment et où l’on ne regrette pas un instant d’avoir investi quelques euros dans cette séance.

Allez-y ! Vous ne le regretterez pas.

Par contre je ne peux m’empêcher de pousser un coup de gueule envers la personne qui à décidé de donner ce titre à l’adaptation d’un autre roman d’Agatha Christie – que je n’avais malheureusement pas lu – me gâchant ainsi le plaisir qu’aurait pu me procurer la lecture normale (j’entends par là sans connaître au préalable l’identité du coupable) du Train de 16h50. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour des raisons marchandes ?!!

La vie des autres

Publié: 29 septembre 2008 dans Cinéma
La vie des autres (Das Leben der Anderen) est un film allemand de Florian Henckel von Donnersmarck sorti sur nos écrans le 31 Janvier 2007.
Au générique, le trop tôt disparu Ulrich Mühe, mais également entre autres Thomas Thieme et Martina Gedeck.

J’avais vu ce film à sa sortie, mais je profite de sa (re)diffusion sur une chaîne franco-allemande bien connue pour vous en parler ici.

La vie des autres
a reçu de très nombreux prix dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère 2007.

Synopsis

Au début des années 1980, en Allemagne de l’Est, l’auteur à succès Georges Dreyman et sa compagne, l’actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l’élite des intellectuels de l’Etat communiste, même si, secrètement, ils n’adhèrent aux idées du parti.
Le Ministère de la Culture commence à s’intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l’observer.
Tandis qu’il progresse dans l’enquête, le couple d’intellectuels le fascine de plus en plus…

Mon avis

Unaniment salué par la critique, ce film, en plus d’être excellent, a le mérite d’être l’un des premiers (après Der Tunnel, e 2001) à oser s’affronter à ce sujet encore délicat en Allemagne qu’est la Stasi (abbréviation de Staatssicherheit, soit Sécurité de l’Etat en français) et plus généralement à s’intéresser au quotidien contrarié des habitants est-allemands pendant la Guerre froide.

Si le casting dans sa globalité est excellent, Ulrich Mühe a particulièrement attiré l’attention des médias dans son rôle de Wiesler, cet agent de la Stasi en proie au doute.
Après sa prestation phénoménale dans ce film – dans ce qui restera à tout jamais un de ses derniers rôles – le cinéma allemand ne peut que regretter la disparition d’Ulrich Mühe, décédé en juillet 2007. Il a reçu plusieurs distinctions Outre-Rhin pour sa performance dans La vie des autres.

Les seuls reproches que j’ai pu lire sur ce film – à savoir sa lenteur pour certains spectateurs, et des doutes quant à la véracité de certains faits pour les historiens – ne m’ont pas du tout affecté.
Bien au contraire j’ai pris bien du plaisir à le voir et presque autant à le revoir.
J’ai particulièrement apprécié la « deuxième » fin du film (ceux qui l’ont vu comprendront de quoi je parle).

Un film à voir pour qui aime le cinéma.

Jar City

Publié: 17 septembre 2008 dans Cinéma

Jar City est un film islandais sorti sur nos écrans le 10 septembre dernier. Cette adaptation de l’excellent roman d’Arnaldur IndridasonLa cité des jarres – a été réalisée par Baltasur Korkmar.

Synopsis

Inspecteur à Reykjavik, Erlendur enquête sur le meurtre d’un vieil homme apparemment sans histoire. La photo de la tombe d’une petite fille retrouvée chez la victime réveille pourtant une affaire vieille de quarante ans. Et conduit Erlendur tout droit à Jar City, surprenante collection de bocaux renfermant des organes, véritable fichier génétique de la population islandaise…

Mon avis

Ayant adoré La cité des jarres, je suis parti voir ce film avec un sentiment ambigu, lié au fait que les adaptations de romans policiers au cinéma ont une qualité très aléatoire.

Je n’ai pas été déçu par Jar City, et ce principalement pour une raison : sa fidélité au roman, et donc au travail d’Indridason.

Alors que bien des adaptations de polars au cinéma s’éloignent plus ou moins du roman, Korkmar est resté très fidèle à La cité des jarres, non seulement en ce qui concerne l’intrigue – ce qui n’est pas anodin pour un polar – mais également au niveau de ce que j’appellerai « l’ambiance ». De manière générale, je ne m’étais pas imaginé les lieux et les personnages autrement.
On retrouve donc dans le film ce côté obscur de l’Islande – loin des photos idylliques des prospectus des agences de voyage – si bien décrit par Indridason.
Le commissaire Erlendur – son air bougon, son petit gilet de laine – est également vraiment proche de l’idée que je m’en étais faite, et l’acteur (Ingvar Eggert Sigurðsson pour le nommer) qui l’incarne est loin d’être mauvais. Idem pour sa fille. En ce qui concerne ses collègues, si Sigurdur Oli est assez similaire à ce que je m’étais imaginé, ce n’est pas le cas d’Elinborg, que je ne voyais pas si dodue, et que je croyais blonde.

S’il n’y a pas énormément d’humour au long de ce film, les quelques scènes cocasses – le magazine du routier, les questions « spéciales » de Sigurdur Oli ou encore la tête de mouton d’Erlendur – remplissent vraiment leur rôle, provoquant des rires dans la salle.

Aller voir Jar City, c’est assurément passer un excellent moment de cinéma. En tout cas, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.