Archives de la catégorie ‘Non classé’

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, a-t-on coutume de dire.
Pour moi, c’est le cas, puisque j’ai fait une superbe rencontre (quasi) inespérée qui change ma vie, mais pour vous, pas forcément.
C’est pourquoi je vais tâcher de me botter le cul pour continuer à vous proposer régulièrement (peut-être pas autant qu’à une époque mais régulièrement) des articles concernant mes dernières lectures, et elles ne manquent pas (je dois avoir une bonne vingtaines de romans lus et non chroniqués, au bas mot).
Enfin bref… #3615mavie

Avec les jours qui raccourcissent et le froid qui s’installe, l’hiver est aussi la saison de la finale du Prix Polars Pourpres, comme vous le savez sans doute si vous suivez ce blog avec assiduité.

Les finalistes de la 11e édition sont désormais connus (voir ci-dessous).
Pour la petite histoire, cette année, 3 romans se sont dégagés pour le Prix Découverte, normal, mais il y avait pas moins de trois ex-aeco à la 3e place pour le Prix Polars Pourpres — soit 5 finalistes en puissance au lieu de 3 — ce qui nous a amené à organiser un imprévu second tour, qui a vu l’élimination d’Assassins de R. J. Ellory (Sonatine) et d’Une putain d’histoire de Bernard Minier (XO).

Au fur et à mesure de mes lectures, vous pourrez cliquer sur les couvertures pour avoir accès à la chronique correspondante. Pour l’instant je n’ai lu que le très beau Grossir le ciel (je vous le conseille) ainsi que le sombre mais non moins réussi L’enfer de Church Street.

Prix Polars Pourpres

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Prix Polars Pourpres Découverte

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Pour voir le palmarès dans son intégralité depuis 2005 ou avoir plus de renseignements sur le prix, vous pouvez vous rendre sur cette page. Vous pouvez aussi me poser vos questions bien sûr.

Qui succédera au palmarès du Prix Polars Pourpres à Maud Mayeras (Reflex) & Michaël Mention (Adieu demain), vainqueurs ex-aeco l’an dernier et à Terry Hayes (Je suis Pilgrim) pour le Prix Découverte ?

Réponse début mars !

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Mon blog Over-blog, c’était de pire en pire.
Après les pubs intempestives quand on n’écrivait pas un nouvel article assez vite est venue la pub non souhaitée permanente. 😦
Comme d’autres avant moi, je pensais depuis un certain temps à un déménagement, d’autant que j’avais déjà fait des blogs WordPress et que ça m’allait bien.
Et maintenant donc, voilà que mon blog déconne à pleins tubes sans que je n’en connaisse la raison, et Over-blog n’a pas l’air particulièrement pressé de me filer un coup de main.
Créé en juillet 2007 (quand même !), mon blog aura duré un certain temps.
Hannibal le lecteur n’est pas mort, j’ai encore envie de vous parler de mes lectures, de polars surtout. La suite, c’est donc par ici.
Je vais d’abord publier les nouveaux articles ici (j’en ai pas mal à faire), puis, au fil de l’eau, je rapatrierai les articles existants par ici. Pour la déco, c’est pareil, ça évoluera petit-à-petit, pas de fioritures pour l’instant.
C’est donc parti pour de nouvelles aventures, bienvenue à vous dans mon nouveau chez moi, que vous me suiviez depuis longtemps ou que vous découvriez ce site maintenant. 😉

Bilan 2013

Publié: 7 janvier 2014 dans Non classé, Vie du blog
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" On fait le bilan, calmement, en s'remémorant chaque instant… "

Euh, je m'égare.
Bon, comme promis, le traditionnel bilan de mes lectures de l'année écoulée (pas forcément des choses parues en 2013, hein).
J'ai moins lu de romans que bien d'autres années. Par contre je me suis rattrapé en BD, bien que cette activité soit passé inaperçue ici. J'ai déjà a peine le temps de chroniquer les romans, alors les BD, les essais et autres… c'est chaud (certaines choses sont chroniquées sur mon blog en breton : BD, films, séries, musique…).

Allez, le petit best of 2013 donc (pour ce qui a déjà été chroniqué sur le blog, cliquez sur la couverture, sinon, vous trouverez un petit mot dans l'article).

Romans français

 

 

 

Romans étrangers


BD


 

Il était une fois en France, de Fabien Nury & Sylvain Vallée (6 tomes, chez Glénat)

Orphelin. Immigré. Ferrailleur. Milliardaire. Collabo. Résistant. Criminel pour certains, héros pour d'autres… Joseph Joanovici fut tout cela, et bien plus encore. Voici son histoire.
Une des meilleures série de BD de ces dernières années qui ravira les amateurs d'Histoire et de noir notamment. Incontournable !

Zone blanche, de Jean-C. Denis (Futuropolis)
 

Si je n'ai pas été totalement convaincu par son dessin, je ne peux que saluer l'intelligence de Jean-C. Denis dans la construction de son histoire. Le scénario est brillant et la révélation finale, exceptionnelle, n'intervient que dans les toutes dernières cases, chapeau ! Une BD polar très recommandable.

Fais péter les basses, Bruno !, de Baru (Futuropolis)

Baru parvient à construire une intrigue cohérente et réussie à partir de deux histoires n'ayant a priori rien à voir : l'arrivée en France d'un jeune footballeur africain et des braqueurs préparant un gros coup. On s'en doute, les histoires vont se croiser (habilement), et la (double) conclusion et particulièrement réussie. A découvrir.

Tous les ans c'est la même chose, faute de temps certains livres parviennent à passer entre les mailles du filet des chroniques. Et encore, j'en oublie peut-être même ici…
Ils sont passés à côté d'un vrai billet en 2013 alors voici au moins quelque mots… Certains le méritent tout particulièrement…

L'homme à la bombe, de Christian Roux (Rivages/Noir)

Larry a perdu sa famille et son emploi. Il est au bout du rouleau. Après avoir passé un nombre incalculable d'entretiens où on lui a fait comprendre qu'il était trop ceci ou pas assez cela, il décide de tenter le tout pour le tout en fabriquant une fausse bombe, sans véritablement mesurer la portée de son acte. La bombe, puis la rencontre avec Lu, et c'est le début d'une virée désespérée et d'un roman d'exception. Sombre mais aussi drôle par moments, Christian Roux signe un court texte détonant sur le chômage. Idéal pour les longues vacances subies, et malheureusement d'actualité.

The Facility, Simon Lelic (Picador, 2011, non traduit en français à l'heure actuelle)

Après son exceptionnel premier roman Rupture (voir ici), Simon Lelic revient avec une nouvelle histoire qui fait froid dans le dos. Cette-fois, nous sommes dans un futur très proche (demain), et tout tourne autour d'une espèce de prison où le gouvernement britannique enferme en secret des citoyens devenus trop gênants. Julia Priestley ne voit pas pourquoi son mari aurait disparu du jour au lendemain sans la prévenir et s'est persuadée qu'il a été enlevé. Elle va demander à Tom Clarke, un journaliste d'investigation, de l'aider à retrouver Arthur. Dans cette dystopie réussie, Simon Lelic parvient à nous montrer des lendemains terrifiants vers lesquels notre société et ses travers pourraient nous mener.
Petite fierté personnelle, je n'ai jamais lu cet auteur en français. ^^


Un voyou argentin, d'Ernesto Mallo (Rivages/Noir, 2012)

Roman noir, roman d'amour, roman sur l'Histoire de l'Argentine, roman profondément humain au personnage principal attachant. Un voyou argentin, c'est tout cela à la fois. Une belle découverte, qui donne envie de poursuivre avec l’œuvre d'Ernesto Mallo et les aventures de Perro Lascano.


La nuit de l'accident / Élisa Vix (Rouergue Noir, 2012)

Délaissant son personnage récurent (le lieutenant Sauvage), Élisa Vix nous propose un court thriller rural maîtrisé de bout en bout. Le roman, débarrassé de tout le superflu, se concentre sur l'intrigue et fait la part belle à l'action. Une construction redoutable, maintenant la tension en permanence, amène le lecteur à dévorer les pages jusqu'à un final qui secoue.


Les frères Sisters, de Patrick deWitt (Actes Sud, 2012)

Prenez deux frères secoués du bocal, faites les vivre dans le grand ouest des aventures rocambolesques. Ajoutez quelques personnages farfelus, des rebondissements improbables et une touche de grand n'importe quoi. Vous obtiendrez Les frères Sisters, un étonnant cocktail. Un western déjanté plutôt réussi, même si on a déjà vu mieux dans le même genre (l'excellent Smonk de Tom Franklin par exemple).


Cavale blanche, de Stéphane Le Carre (Kirographaires, 2012)

Un bon polar sur le thème de la fuite que le côté introspectif (plutôt atypique) achève de rendre intéressant. Un premier roman réussi, un auteur prometteur : affaire à suivre.


C.H.E.R.U.B Mission 1 : Cent jours en enfer, de Robert Muchamore (Casterman, 2008)

Des ingrédients déjà vus (l'ado orphelin qui se retrouve en foyer qui se découvre de nouvelles aptitudes, qui doit être courageux, la petite dose de romance…) mais bien agencés. Des personnages attachants, de l'action, c'est bien foutu, plutôt vraisemblable. On comprend bien pourquoi ça plait aux ados. Pour autant, l'ensemble ne fait pas trop "bébé" et peut donc être lu par un lectorat adulte sans problème (on n'est pas dans la bibliothèque rose).

A très vite pour les premières chroniques 2014, dont la première sera en fait une lecture de 2013, mais bon…

Bonne année 2014 !

Publié: 6 janvier 2014 dans Non classé, Vie du blog

En attendant de nouvelles chroniques, l'incontournable bilan de l'année écoulée, et un petit défi, je vous souhaite à tous une excellente année 2014 ! Bloavezh mat ! Que cette nouvelle année vous apporte plein de bonnes choses, dont d'excellentes lectures.

Je ne savais pas trop comment illustrer l'article mais la tempête qui m'a tenu éveillé une bonne partie de la nuit dernière m'a inspiré.
C'est pris à Ouessant par grand temps.

 

Comme promis je me colle au traditionnel bilan de fin d’année (avec un peu de retard).
D’après ce que j’ai vu sur de nombreux blogs, on a le droit à douze livres pour 2012 (je sais pas comment je ferai mon bilan en 2060 ^^). Il ne s’agit pas (que) de livres parus en 2012 mais de livres que j’ai lus en 2012.

Tout d’abord il faut savoir que c’est sans doute l’année où j’ai le moins lu depuis… très longtemps, par manque de temps essentiellement. C’est aussi pourquoi j’ai beaucoup moins écrit d’articles par ici.
Malgré cela j’ai trouvé que 2012 avait été une bonne année niveau lecture, avec très peu de titres qui ne m’ont pas plu et plusieurs qui m’ont vraiment marqué.

J’ai classé ces titres en deux parties, découverte et confirmation. Découverte ne signifie pas (nécessairement) que cet auteur est un petit nouveau mais juste que je ne l’avais pas lu avant cette année.
Ils sont ensuite (plus ou moins) classés par ordre de préférence, en partant des meilleurs.

Plutôt qu’on long discours pour chaque roman, je vais juste vous mettre les couvertures, sachant que vous avez seulement à cliquer dessus pour avoir accès à la chronique correspondante, et ceci à deux exceptions près car je n’ai pas chroniqué tout ce que j’ai lu l’an dernier (honte à moi). Je parlerai donc rapidement de Tijuana Straits et Luz ci-dessous. J’essaierai de les chroniquer comme il se doit en 2013 (sans doute après une relecture) parce qu’ils le méritent bien.

Découvertes

 

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Confirmations

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Quelques mots sur les deux romans malheureusement non chroniqués pour l’heure.

Tijuana Straits, de Kem Nunn (Sonatine)

Tijuana Straits, frontière de la Californie et du Mexique. Sam Fahey a fait des conneries dans sa vie, et connu la prison. Aujourd’hui âgé, il s’est rangé des voitures et passe son temps entre l’élevage des lombrics (!), la construction de planches de surf et les promenades sur la côte. Tout va bien pour lui. Un beau jour, lors d’une de ses balades justement, il tombe sur la plage sur une jeune Mexicaine à moitié-morte. Il la sauve, la soigne, l’accueille chez lui. Magdalena lui explique avoir fui le Mexique et une mort certaine. Fahey se prend d’affection pour elle, cherche à l’aider dans sa quête et décide de la protéger.
Un superbe roman noir, magnifiquement écrit et bouleversant qui hantera longtemps votre esprit.

Luz, de Marin Ledun (Syros/Rat noir)

Luz a 14 ans. C’est le début des grandes vacances. Elle veut avoir un portable et un maillot deux pièces. Un repas estival qui s’éternise, l’apéro qui coule à flot, et voilà Vanier (le meilleur ami de son père) qui la regarde d’une étrange façon. Il lui fait peur et Luz décide de quitter les lieux, pour ne plus le voir et aller se baigner à la rivière. Le début d’une journée cauchemardesque. On s’identifie vite au personnage de Luz, parfaitement crédible. Le cadre, rural, est bien décrit, on s’y croirait. Marin Ledun aborde avec intelligence différents sujets liés à l’adolescence (la découverte de soi, les premières amours, la difficulté des rapports familiaux…) sans jamais tomber dans le côté gnangnan. Une vraie réussite que ce court roman à lire à tout âge.

J’espère lire plein de bonnes choses en 2013 et vous souhaite la même chose !

Gast, 5 ans déjà !

Publié: 9 juillet 2012 dans Non classé

Chers lecteurs,

 

Je me doutais bien qu’on devait pas être bien loin de la date anniversaire de la création du blog.
Je me souviens bien où j’étais quand j’ai finalement décidé de me lancer et de le créer (en stage dans un centre de doc de la région parisienne).
Je me souviens bien que ce n’était pas loin de mon anniversaire (lui, je m’en souviens encore, c’est aujourd’hui).
Je ne me souvenais pas de la date exacte par contre.
 

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Après vérification, et pour l’anecdote, mon tout premier article date du 5 juillet, mais ça, que ce soit le 3 ou le 7, peu importe. Ce qui est plus important, c’est que c’était en 2007. Vu qu’on est en 2012, il semblerait donc que ça fait 5 ans qu’il existe !
Il a parfois été plus actif que ces derniers temps mais je suis plutôt content de constater que 5 ans après, bon an mal an, j’arrive (à peu près) à continuer à l’alimenter. 5 ans, c’est pas rien. 5 ans de chroniques (plus ou moins) régulières, ça commence à représenter quelque chose. La preuve qui ne trompe pas, c’est que quand je regarde les statistiques, certains nombres commencent à me donner le tournis.

 

– Plus de 400 articles publiés (en heures passées devant un écran à les rédiger, j’ai pas la stat, mais vaut mieux, ça me ferait trop peur je pense)

– Plus de 150 000 pages vues
– Pas loin de 100 000 visites

 

Mais aussi, en plus des chiffres (c’est pas tous les jours qu’on peut se jeter quelques fleurs alors je continue un peu, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop), une certaine reconnaissance, qui fait vraiment plaisir et donne la force de continuer :

– Des bibliothécaires que j’ai rencontrés et qui lorsque je leur ai parlé de mon blog m’ont dit : « Ah oui, Hannibal le lecteur, il est bien celui-ci, je m’en sert pour faire mes acquisitions polar. »
– Des auteurs de polars avec qui j’entame la conversation sur un salon et qui, lorsque je leur avoue le nom de mon blog font « Ah oui, je vois très bien, je l’ai dans mes favoris celui-ci. ».

 

Pas toujours facile de trouver le temps et/ou le courage de se mettre à chroniquer ses lectures (d’ailleurs je dois avoir pas loin d’une dizaine de titres en attente), alors j’essaie de m’accrocher. La motivation n’est pas toujours au rendez-vous, surtout quand les événement de la vie viennent s’en mêler, mais j’essaie tant bien que mal de continuer à faire vivre ce blog.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont lu, à tous ceux qui me lisent et à tous ceux qui me liront encore dans… 5 ans ? (Pas sûr que je sois encore là, mais pourquoi pas, on peut rêver… On verra bien).

A bientôt sur ces pages, et surtout, n’oubliez pas le plus important, lisez !

Amitiés

Hannibal le lecteur

Saya / Richard Collasse

Publié: 25 octobre 2011 dans Non classé

J’ai pas mal lu ces dernières semaines mais très peu de fiction (je m’y remets seulement ces jours-ci). Je préparais activement un concours (que je n’aurais peut-être même pas), ce qui explique mon silence radio. Je vous épargnerais donc les chroniques de mes dernières lectures, à savoir (entre nombreux autres titres tous aussi sexy les uns que les autres) : Bien réussir son oral, Les collectivités territoriales et la décentralisation, L’oral démystifié ou encore Concours Fonction Publique : Assistant territorial (qualifié) de conservation du patrimoine et des bibliothèques. (A moins que vous ne demandiez que ça bien sûr…).

 

En matière de lecture plus distrayante, je vous propose dans l’immédiat une chronique de Saya, un roman de Richard Collasse, paru au Seuil en 2009.

 

 

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Jinwaki est un employé japonais tout ce qu’il y a de plus ordinaire : 45 ans, une bonne situation, une femme, des enfants. Mais un jour, sa vie explose. Convoqué par sa hiérarchie, il apprend son licenciement. Ses 25 ans d’ancienneté dans l’entreprise n’y font rien. Situation économique oblige, il fallait dégraisser, faire des choix, et donc laisser du monde sur le carreau.
Jinwaki est au fond du trou et n’accepte pas cet échec personnel qu’il vit comme une humiliation. Il décide de cacher la vérité à ses proches, et part tous les matins, faire comme s’il travaillait. Au lieu de ça, il erre, pensant au suicide, action qui lui semble être la seule solution à ses problèmes. Puis il rencontre Saya…

 

 

Mon avis

 

« J’ai regagné mon bureau au troisième étage du magasin, slalomant entre les cartons de marchandise, bousculant sans m’en rendre compte les personnes qui se trouvaient sur mon passage. Les employées intérimaires s’arrêtaient pour me laisser passer en me saluant d’une brève inclinaison de la tête. Elles ne savaient pas, elles ne sauraient pas. Tout juste constateraient-elles que j’ai disparu et qu’un nouveau responsable m’avait remplacé, qui l’ânonnerait chaque matin avant l’ouverture des portes le même discours lénifié supposé les encourager pour le reste de la journée. Nous étions interchangeables, tous sans exception. Même costume sombre, même coupe de cheveux, même absence d’imagination, même trajectoire sans histoires… Comment ne m’en étais-je pas aperçu plus tôt ? »

 

Soyons clairs :  bien qu’il fit partie il y a quelques temps d’une sélection du Prix SNCF du Polar, il n’y a pas d’enquête policière dans Saya. Néanmoins, le lecteur aurait tort de se priver de la lecture de ce texte fort pour cette raison. Ce roman ne manque pas de qualités, la principale étant l’empathie pour les personnages que Richard Collasse parvient à faire ressentir à ses lecteurs. Le choix de faire parler tous les protagonistes à la première personne n’y est sûrement pas étranger. Au fil des pages, on suivra Jinwaki dans sa chute, mais on fera aussi la connaissance de Kaori et de Saya.

La première n’est autre que la femme de Jinwaki. Elle nous fait découvrir la vacuité de sa vie de femme au foyer, ses journées passées à s’occuper de sa maison, de sa famille. Les heures passées au chevet de sa belle-mère grabataire et à faire en sorte que tout soit prêt pour son mari quand il rentre du travail. Sa seule distraction : son chihuahua, qui lui a coûté une fortune et dont elle est complètement gaga.

 

« Une fois dehors, mon premier réflexe a été de balancer dans la première poubelle venue ce morceau de tissu scandaleux, avec le bout de papier plié en quatre sur lequel elle avait noté son numéro de portable. J’aurais ensuite jeté la bande dessinée que j’avais laissée dans un tiroir de mon bureau, au magasin, dans la foulée du grand ménage avant mon départ. J’aurais effacé de ma mémoire jusqu’à son prénom, Saya. Je ne serais plus revenu au Sombrero. Je n’aurais pas non plus arpenté Cat Street sans but, ne me serais pas rendu à Shibuya, n’aurais pas rageusement claqué la porte de mon bureau pour faire l’« école buissonnière »… Si je l’avais pu, j’aurais rembobiné le film de ma vie plus loin encore dans mon passé, avant d’être convoqué par mon patron, avant de jouer les grandes gueules et de critiquer les décisions de notre président, avant de faire le choix erroné d’une faction à la fois trop proche de la direction générale et trop éloignée du centre du pouvoir véritable, là où se décidait qui restait et qui devait sauter. »

 

Saya, quant à elle, est une lycéenne qui a décidé de se faire de l’argent de poche en proposant un peu d’affection à des hommes qui en manquent cruellement (et qui ont souvent l’âge d’être son père ou son grand-père). Alors qu’elle lit une bande dessinée française dans son café préféré, elle se fait aborder par Jinwaki. Bien que tout les oppose a priori, ils vont se rendre compte qu’ils partagent en fait plusieurs points communs. Le début d’une histoire ?

 

« Le soir du concert, je suis arrivée un peu en retard à cause d’un accident sur la ligne de métro. Un type s’était encore jeté sur la voie ferrée. Par chance, le train était déjà entré en gare, les portes étaient restées ouvertes. Si quelques personnes sont sorties du wagon dans lequel je me trouvais, la plupart n’ont pas réagi à l’annonce. Ni ennui ni agacement, encore moins de compassion. Imperturbables, les gens ont continué à lire, à somnoler, à bavarder à voix basse ou à consulter les messages sur leur portable. Le temps semblait suspendu. À une ou deux stations de là quelqu’un s’était fait déchiqueter par une rame, mais tout le monde demeurait impassible. »

 

Si les amateurs de polar ne trouveront peut-être pas ce qu’ils cherchent à la lecture de Saya, le roman n’en demeure pas moins de qualité. Les personnages sont très bien brossés, la tension est présente et les descriptions de la société japonaise sont criantes de réalisme – l’auteur vit dans l’archipel nippon depuis des années. Richard Collasse ne raconte pas seulement une histoire mais propose des pistes permettant au lecteur de s’interroger profondément sur de nombreux sujets sociétaux : la place du travail dans la vie, celle de la femme dans la société, etc. Après La trace, paru en 2007, il signe avec Saya un roman réussi et émouvant qui, espérons-le, en appellera d’autres.

 


Saya, de Richard Collasse, éditions du Seuil (2009), 222 pages.