Archives de la catégorie ‘Polar néerlandais’

Petits meurtres entre voisins est un thriller de la romancière néerlandaise Saskia Noort, qui signe là – après Retour sur la côte – son deuxième roman.
Ce roman faisait partie de la sélection automnale du Prix SNCF du Polar et vient même d’accéder à la finale.

petitsmeurtresentrevoisins.jpgRésumé

Karen et Michel ne regrettent pas d’avoir quitté la capitale pour le petit village où ils viennent de s’installer. En plus d’un rythme de vie apaisé, ils ont trouvé un cercle social des plus grisants : un groupe d’urbains convertis aux bienfaits de la campagne qui partagent comme eux le goût de ta bonne chère, des boissons et de l’argent. Ensemble, ils fondent un club et passent leur vie les uns chez les autres. Subrepticement, pourtant, l’équilibre vacille. Un violent incendie éclate en pleine nuit chez un des couples, tuant le mari. Autour de cette mort brutale, les jalousies et les rancoeurs commencent à affleurer : adultère, soupçons de malversations. Et lorsque, quelques jours plus tard, un autre membre se défenestre depuis une chambre d’hôtel, le doute s’installe pour de bon. Puis la peur. Puis l’angoisse : un assassin se cache-t-il parmi eux ?…

Mon avis

J’ai lu ce livre de bout en bout avec intérêt, ne serait-ce que pour connaître le fin mot de l’histoire. Concernant le suspense, il n’y a pas à dire, Saskia Noort maîtrise son sujet, avec ce qu’il faut de rebondissements et de fausses pistes pour tromper le lecteur, et ce jusque dans les dernières pages, avec un bon twist final.

« J’étais enchantée de faire partie de ce groupe de gens un peu fous, brillants, créatifs, de les fréquenter. Je me sentais valorisée par leur éclat. Pourtant, nous avions beau nous connaître depuis un an, j’avais toujours l’impression de devoir rester sur mes gardes. Cette même impression me taraudait, adolescente, vis-à-vis de mes amies rayonnantes du lycée, que tout le monde adorait. A chaque instant je risquais d’être rejetée. Chaque mot, chaque geste, chaque critique pouvait provoquer mon exclusion. Pour garder ma place dans le groupe, j’étais prête à renier celle que j’étais. Je secouai la tête pour chasser ces pensées, refusant de laisser le doute s’insinuer à propos de mes amis et par conséquent, de remettre en cause ma place au sein de notre club. Je devais m’estimer heureuse de cette nouvelle existence bien remplie. Tout le monde rêvait d’une vie pareille. Et moi, je la vivais. Pourquoi me poser tant de questions ? »

Par contre, autant l’immersion dans certains milieux sociaux par le biais de la littérature policière peut être très intéressante, autant ici je ne suis pas du tout parvenu à m’intéresser aux états d’âmes de cette communauté de nouveaux riches néerlandais. Les malheurs de Karen – la narratrice – et de ses « amis » ne m’ont pas touché du tout (je pensais plutôt « bien fait pour eux ! ») et certaines situations sont caricaturales et très prévisibles.
J’ai d’ailleurs trouvé les personnages aussi inintéressants les uns que les autres, et à part quelques piques bien senties, le reste m’a plutôt ennuyé qu’autre chose. Sociologiquement à la rigueur, et avec du recul il y a sans doute matière à réflexion. Comme le sous-entend elle même Karen dans l’extrait ci-dessus, ses « amis » lui font penser à sa période adolescente. L’âge con par excellence, mais qui pour ceux qui conservent ce type de mentalité, semble s’éterniser… Bref, je m’égare.

J’ai finalement trouvé que Petits meurtres entre voisins était un thriller psychologique divertissant et plutôt efficace dans son genre mais qui ne m’a jamais vraiment convaincu et ne me laissera pas de souvenirs impérissables.
Et concernant le Prix SNCF du Polar, pour moi ce livre n’a clairement pas sa place en finale (Darling Jim notamment était un bon cran au-dessus), mais bon, il faut croire qu’il a su rencontrer son public.


Petits meurtres entre voisins (De eetclub, 2004) de Saskia Noort, Denoël (2007). Traduit du néerlandais par Mireille Cohendy, 321 pages.
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Le massacre du Maine est une des œuvres les moins méconnues de Janwillem Van de Wetering, auteur néerlandais prolifique nous ayant quitté début juillet dernier.
C’est pour ce roman qu’il a obtenu en 1984 le célèbre Grand prix de littérature policière.

Résumé

Quand un policier hollandais quitte son paisible pays et débarque en Amérique, c’est pour découvrir une contrée où la violence et les larmes parlent quotidiennement.
Une série de meurtres, une population locale qui pratique la loi du silence et une femme, aussi belle que mystérieuse, sont au cœur de ce Massacre du Maine.

Mon avis

Si la lecture de ce roman m’a été agréable sur le moment, il ne m’en reste déjà plus grand chose seulement trois semaines plus tard.

On à affaire dans ce livre au sergent-détective de Gier et à l’adjudant-détective Grijpstra, de la police municipale d’Amsterdam, les deux personnages récurrents de l’auteur, qui sont plutôt sympas, mais n’ont rien d’exceptionnel.
L’intrigue est peu complexe et n’a pas grand chose d’original : bref, elle est assez moyenne.

Le talent de l’auteur réside à mon avis essentiellement dans les descriptions de cette région « perdue » des Etats-Unis, dans laquelle Van de Wetering a débarqué un beau jour en provenance d’Amsterdam, tout comme le font ses deux personnages dans le roman.
La vie locale du fin fond du Maine et le quotidien de la police dans cette zone rurale, où les seuls problèmes sont causés par les poivrots de village et un gang de voyous à la petite semaine sont bien traités. De plus le fait que deux des personnages soient étrangers au Maine permet à l’auteur de confronter des points de vue différents sur certains aspects, comme la manière d’interpeller un suspect par exemple, avec un brin d’ironie parfois.
Bien qu’il soit loin du niveau de 1275 âmes, Le massacre du Maine par certains sujets abordés comme la « délinquance » dans l’Amérique profonde, rappelle de temps en temps le chef-d’œuvre de Jim Thompson.

Ce roman est loin d’être mauvais, mais je ne lui ai rien trouvé d’exceptionnel – justifiant son prix – et je crains qu’il ne m’en reste que bien peu de souvenirs d’ici à quelques années.

Pour en savoir plus : un article intéressant sur l’auteur et son oeuvre sur Europolar.