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L’Année du lion (Fever) est un roman de Deon Meyer paru au Seuil il y a un an.
La traduction est atypique « de l’afrikaans et de l’anglais par Catherine Du Toit et Marie-Caroline Aubert ».

l-annee-du-lionRésumé

Afrique du Sud, de nos jours.
Plus de 90% de la population mondiale a disparu, décimée par un coronavirus redoutable contre lequel aucun vaccin n’a pu être trouvé.
Nico Storm et son père ont survécu. Ils roulent pour atteindre un endroit que Willem a choisi après mûre réflexion pour essayer d’y établir une communauté. Ce sera rapidement chose faite et le lieu, baptisé « Amanzi », construit à proximité immédiate d’un barrage hydroélectrique, attire de plus en plus de rescapés. L’afflux de personnes amène à devoir s’organiser au mieux. Elle amène aussi des complications de tous ordres.

Mon avis

On connaissait Deon Meyer pour ses romans policiers plus classiques : ceux mettant en scène Benny Griessel ou encore Les Soldats de l’aube, largement salué à sa sortie en 2003 (Grand Prix de Littérature Policière et Prix Mystère de la Critique entre autres). Le choix du post-apocalyptique pourra surprendre ses lecteurs habituels mais l’auteur sud-africain place là aussi la barre très haut. Il a déclaré :  « J’ai écrit L’Année du Lion avec ferveur. C’est une histoire qui m’a obsédé pendant cinq ans. »

On le croit sans mal tant les quelque 640 pages, passionnantes du début à la fin, se boivent comme du petit lait. Nico est terriblement attachant mais d’autres personnages – il y en a pléthore – ne le sont pas moins. Le récit est très intelligemment construit.
L’histoire est contée par un Nico adulte – il évoque rapidement sa femme ou le meurtre de son père. Un Nico bien loin du gamin de treize ans qui tentait de survivre aux chaleurs intenses du Karoo avec son père. Forcément, avec cette structure, on sait bien que Nico survivra aux épreuves, mais ça permet aussi à l’auteur d’instiller des doses de mystère qui donnent furieusement envie de tourner les pages. L’histoire contée chronologiquement par Nico Storm est entrecoupée de témoignages des uns et des autres collectés dans un but mémoriel (pour écrire plus tard l’histoire d’Amanzi), d’abord par Willem, puis par ses successeurs. Tensions internes, luttes pour le pouvoir, attaques venues de l’extérieur, etc. Bien des éléments inhérents au genre ne surprendront pas les lecteurs férus de ce type de textes. Peu importe tant le récit est efficace et les personnages intéressants – Domingo, le Pasteur, etc.
Et Deon Meyer, roublard, nous réserve quand même quelques surprises, et non des moindres.

L’Année du lion est un excellent roman post-apocalyptique contenant néanmoins une intrigue criminelle – on ne se refait pas. Véritable page-turner, sa lecture est d’une fluidité totale et le dénouement, à la hauteur, nous permet de mieux saisir les motivations profondes qui ont poussé Deon Meyer à ressentir la nécessité d’écrire un tel texte. À lire sans aucun doute !

L’Année du lion (Fever, 2017), de Deon Meyer, Seuil (2017). Traduit de l’afrikaans et de l’anglais par Catherine Du Toit et Marie-Caroline Aubert, 640 pages.

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