Articles Tagués ‘Anne Carrière’

Lux est un roman de Maud Mayeras paru aux éditions Anne Carrière en 2016.

pol_cover_21782Résumé

Adolescent, Antoine Harelde passe un été en Australie avec sa mère, du côté de Ceduna, petite ville de la côté sud. Il y rencontre Lark, avec qui il aime se faire peur à observer Cockie, un clochard géant à l’odeur pestilentielle. Il y a aussi Hunter, la petite sœur de son nouveau copain, qui n’a d’yeux que pour ce petit Français. Antoine découvre l’amitié, l’amour… et puis le drame. Cet été le marquera à tout jamais.
2016. Vingt ans plus tard, Antoine retourne à Ceduna. Il n’a rien oublié, encore moins pardonné, et décide de se venger à sa manière.

Mon avis

On découvrait Maud Mayeras en 2006 (ça nous rajeunit pas !) avec son premier roman Hématome, lauréat surprise du Prix Polars Pourpres, thriller redoutable qui mettait en scène une jeune femme se réveillant, complètement amnésique, après avoir été agressée et violée. Après Reflex (2013) et un second Prix Polars Pourpres (partagé avec Michaël Mention), voici donc son troisième opus.
Qui l’a déjà lue sait que la Limougeaude n’a pas son pareil pour faire tourner les pages. Les intrigues sont construites de telle façon qu’il est très difficile, sinon impossible de décrocher en cours de route. C’est toujours le cas ici, où l’on enchaîne les chapitres courts à une vitesse folle.
Aimant à torturer quelque peu ses personnages, Maud Mayeras partage ici quelques points communs avec Sandrine Collette : l’accumulation de déboires jusqu’à plus soif, le poids de la famille qu’on ne choisit pas, la puissance supérieure de la nature…
Assez curieusement, et bien qu’il ne soit absolument pas certain qu’il s’agisse d’une volonté de l’auteur, les personnages secondaires sont les plus attachants. Il y a donc Cockie, ce colosse à l’allure et à l’odeur effrayantes mais finalement bien moins monstrueux qu’il n’y paraît. Et la petite Hunter, coincée elle aussi, comme Antoine au milieu de ce drame à un âge où l’on devrait plutôt s’amuser en toute innocence. Si cela ne nuit pas véritablement à la lecture, on aurait aimé pouvoir se retrouver davantage dans le personnage d’Antoine. On peut comprendre sa soif de vengeance mais sa détermination froide le déshumanise quelque peu.
Certaines ficelles sont bien un peu grosses, l’histoire s’éparpille peut-être trop par moments, mais la machinerie redoutablement huilée et certaines révélations bien trouvées font de Lux un roman passionnant.

Avec Lux, Maud Mayeras signe un thriller de bonne facture, très efficace dans son côté page-turner mais auquel il manque un petit quelque chose pour en faire un texte mémorable.

Lux, de Maud Mayeras, Anne Carrière (2016), 252 pages.

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L’Évangile selon Satan est le premier roman de Patrick Graham, à mi-chemin entre thriller et fantastique.

2843373808-01-_sclzzzzzzz_v45851136_Résumé

1349, année de la grande peste noire, couvent des Augustines de Bolzano.
Entrée en possession d’un évangile apocryphe, Mère Yseult de Trente, la supérieure, s’emmure vivante avec le manuscrit pour échapper au massacre de sa congrégation par un moine démoniaque. Le tueur crucifie ses victimes et porte les signes des adorateurs du Diable.

2006, Hattiesburg, Maine.
Rachel, l’assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s’est spécialisée dans la traque des cross-killers (tueurs en série qui voyagent) est chargée d’enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la Congrégation des miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu’il avait envoyées aux Etats-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l’ordre des Recluses, un ordre très ancien chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d’étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet Evangile que l’Eglise a perdu six siècles plus tôt.
L’enquête de Parks et celle de Carzo vont se croiser et les mener des Rocheuses jusqu’au couvent de Bolzano et à la bibliothèque secrète du Vatican.
Que contient cet Evangile de si dangereux pour l’Eglise ?

Mon avis

Le suspense est bien présent et les meurtres sont nombreux et particulièrement abjects. Jusque là tout va pour le mieux.
Certaines scènes sont répétées presque à l’identique dans des chapitres différents, ce qui alourdit particulièrement la lecture.
De plus le livre nous offre quelques éléments étonnants. Comment une jeune profileuse du FBI parvient-elle à lire des manuscrits du XIVe en quelques minutes alors que les plus grands médiévistes, avec la paléographie, y parviennent difficilement.
Malgré cela, le roman se lit agréablement et est même difficile à refermer.
Pour un premier roman, Patrick Graham s’en sort honorablement. J’attends avec impatience de voir les progrès qu’il fera dans ses prochaines créations.

L’Évangile selon Satan, de Patrick Graham, Anne Carrière (2007), 525 pages.