Articles Tagués ‘Diniz Galhos’

Gangs of L.A. (IQ) est un roman de Joe Ide qui vient de paraître chez Denoël dans une traduction de Diniz Galhos.

Gangs-of-L-ARésumé

Calvin Wright a.k.a. « Black the Knife » est l’un des rappeurs les plus en vue de la côte Est. Il a collectionné les disques d’or et de platine. Mais sa femme l’a quitté, il n’a plus goût à grand-chose, plus d’inspiration… Pire, depuis qu’un énorme pitbull s’est introduit dans sa propriété et l’a attaqué, il est persuadé qu’on veut le tuer. Il reste cloîtré chez lui et fait appel à Isaiah Quintabe, dont il a entendu parler en bien. Il lui promet une forte récompense s’il parvient à trouver qui veut attenter à ses jours. IQ, jeune homme aux cellules grises on ne peut plus alertes, accepte immédiatement. Cette offre généreuse est une aubaine : il a besoin d’argent.

Mon avis

Gangs of L.A. est le premier roman de Joe Ide, passionné de littératures policières – il est semble-t-il un inconditionnel de Sherlock Holmes – ayant grandi dans les quartiers populaires de Los Angeles. On comprend aisément, de par la teneur du roman, qu’il est le premier d’une série qui verra Isaiah Quintabe résoudre d’autres enquêtes. Le fil rouge est la recherche de l’auteur de la probable tentative d’assassinat du rappeur mais le roman est émaillé de petites intrigues parallèles où IQ fait parler son flair. Par un habile jeu de va-et-vient entre les époques, on en apprend davantage sur les raisons ayant amené le jeune surdoué à laisser tomber ses études puis, à vouloir enquêter à son propre compte. À commencer par la mort de son grand frère, qui l’élevait et qui était tout pour lui. En effet, Marcus a été criblé de balles au coin d’une rue depuis une voiture ayant immédiatement pris la fuite. Assassiné sous les yeux d’Isaiah sans qu’il ne puisse rien faire pour le sauver. La police n’a fait aucun progrès significatif sur le dossier et le meurtre est resté depuis impuni.

Le personnage du rappeur dépressif, bien que caricatural en un sens, est assez marquant et certaines scènes, très visuelles, sont truculentes, comme celle où il entasse tous ses objets hors de prix afin d’en faire un bûcher sous le regard interloqué des membres de son crew. La relation aussi amicale que conflictuelle entre IQ et Dodson, son ex-colocataire, dealer notoire, est intéressante et il y a fort à parier qu’ils n’ont pas fini de se chamailler tout en s’entraidant régulièrement.

Peut-être IQ manque-t-il un peu de charisme pour en faire un personnage vraiment mémorable mais le roman se lit avec plaisir. Joe Ide nous offre avec Gangs of L.A. un bon moment de divertissement et les lecteurs convaincus par cet opus initial pourront vraisemblablement retrouver Isaiah Quintabe dans de prochaines aventures puisqu’un troisième tome paraîtra bientôt aux États-Unis.

Gangs of L.A. (IQ, 2016), de Joe Ide, Denoël (2019). Traduit de l’anglais (Etats-UNis) par Diniz Galhos, 400 pages.

Publicités

Ça faisait un moment que je n’avais pas pris le temps d’avancer dans mon défi consistant à A.B.C. ma P.A.L. (voir ici), et je crains de ne pas arriver à Z avant 2015. Mais bon, voici déjà le G.

Gōkan, paru au Cherche Midi en 2012, est le premier roman de Diniz Galhos, connu comme traducteur par ailleurs.

Résumé

Tōkyō, 2010.
Une valise diplomatique remplie de billets de banque. Un Français, professeur à la Sorbonne et spécialiste de Zola de son état, qui se laisse convaincre par un inconnu de voler une bouteille de saké appartenant à Quentin Tarantino. Un tueur américain plus que raciste bien décidé à éliminer un maximum de Japonais. Une jolie garagiste qu’il ne faudrait pas approcher de trop près. Et quelques autres…

Mon avis

Gōkan (du nom d’un type de livres japonais illustré d’estampes et s’inspirant souvent d’histoires de vendettas) est le premier roman de Diniz Galhos. Pour autant, l’auteur n’est pas un nouveau venu dans le monde littéraire puisqu’il est également traducteur, du portugais (qu’il parle depuis son enfance du fait de ses racines familiales), mais aussi de l’anglais. On lui doit notamment la traduction de la fameuse série de l’auteur anonyme publié par Sonatine et mettant en scène le « Bourbon Kid ». C’est d’ailleurs en traduisant Le livre sans nom (premier titre de cette série), qu’il a décidé de se lancer dans son projet, après s’être rendu compte qu’on pouvait écrire et publier des romans « pop et déjantés » (cf, l’interview de l’auteur dans le numéro Hors-Série Automne-Hiver 2014 de la revue Alibi).

Amateurs de réalisme social ou de procédure policière fouillée, passez votre chemin. Ici l’action prime sur la vraisemblance et certains personnages ne dépareilleraient pas dans un film d’action ou un manga. L’histoire concoctée par Diniz Galhos peut d’abord sembler fouillis, voire décousue, chaque chapitre pouvant se lire indépendamment des autres, avant que les protagonistes soient finalement amenés à se croiser. L’auteur nous offre des scènes très cinématographiques, et nous assistons tantôt à une fusillade dans un onsen (établissement thermal typique du Japon) tantôt à un cours sur les trente-et-une façons de tuer un homme.

On ne criera pas au chef-d’œuvre, et l’on aura peut-être oublié une bonne partie de ce livre dans quelques mois. Mais peu importe, car Diniz Galhos nous offre là un pur roman de divertissement, avec beaucoup d’action – l’auteur aime Tarantino et ne s’en cache pas – et pas mal d’humour, qui laissera plus d’un lecteur sans répit tout au long de ses quelque 200 pages. On retiendra tout particulièrement le final, très réussi, avec une scène d’impasse mexicaine d’anthologie (ces fameuses scènes, typiques du western, où plus de deux personnes se menacent mutuellement d’une arme létale).

 

Gōkan, de Diniz Galhos, Le Cherche Midi (2012), 211 pages.