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Ma reine est un roman de Jean-Baptiste Andréa paru aux éditions L’Iconoclaste l’an dernier.

cvt_ma-reine_1770Résumé

Provence, 1965.
Déscolarisé et vivant seul avec ses parents, à les aider à la station-service, Shell s’ennuie. Pour ne pas aller dans cet institut spécialisé dans lequel souhaitent l’envoyer ses parents à la rentrée, il veut devenir un homme et décide donc de partir à la guerre. Dans sa fugue mal organisée, un peu plus loin sur un plateau de la vallée de l’Asse, il tombe nez-à-nez sur Viviane, une jeune fille de son âge. Shell est ébloui et Viviane trouve le garçon simplet mais rigolo. Assez vite, elle instaure un jeu entre eux. Elle est sa reine et il doit faire tout ce qu’elle veut sans poser de questions. C’est vrai qu’elle a tout d’une reine pour Shell, qui ne se voit même pas refuser.

Mon avis

Au dîner j’ai annoncé à mes parents :
– Je m’en vais.
Mon père n’a pas répondu parce que son feuilleton venait de commencer. Ma mère m’a dit de finir mes lentilles et de ne pas parler la bouche pleine. C’était tant mieux au fond, parce que s’ils m’avaient ordonné de rester je me serais dégonflé.

Vous l’aurez peut-être deviné, Shell – surnom que lui a donné Viviane en raison de son blouson de la station-service, celui avec le gros coquillage jaune – est atteint de troubles de type autistique. Plus d’un auteur s’est cassé les dents à essayer de se mettre dans la peau d’un autiste. À l’instar de Mark Haddon dans son magnifique Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Jean-Baptiste Andréa s’en sort plus que bien dans cet exercice délicat. Le lecteur est rapidement pris d’empathie pour le jeune homme, dont la naïveté n’a d’égal que l’envie de bien faire. Shell est un de ces personnages de fiction touchants, qu’on garde longtemps dans un coin de sa mémoire. Les autres protagonistes – il y en a peu – ne sont pas en reste, à commencer par Viviane, jeune parisienne intrépide qui vient passer ses vacances dans ce coin perdu de Provence. C’est d’abord pour tromper l’ennui de ces longues journées d’été qu’elle aborde Shell. La frontière entre le jeu un brin cruel et l’amitié s’estompe à mesure qu’elle côtoie le jeune homme qui, s’il est différent, n’a pas une once de méchanceté en lui. Mais lorsque les vacances s’achèvent, sa reine doit quitter son château local et Shell se retrouve seul et assez vite mal en point à force de ne pas manger et boire. Il est alors recueilli par Matti, un vieux berger muet qui l’aide à se retaper.

Ma reine est un fort joli premier roman, tout en émotions et poésie, qui aborde le thème de la différence avec tact, en faisant le choix de survoler certains sujets (le harcèlement scolaire dont est victime Shell par exemple) plutôt que de les prendre à bras-le-corps. Jean-Baptiste Andréa hameçonne le lecteur avec facilité pour ne plus le lâcher jusqu’à l’ultime page.

Ma reine, de Jean-Baptiste Andréa, L’Iconoclaste (2018), 240 pages.

Le scaphandre et le papillon est un fim tiré du roman éponyme de Jean-Dominique Bauby. Le film, sorti sur les écrans le 23 mai 2007 est réalisé par Julian Schnabel, avec entre autres, Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Anne Consigny, et une des dernière apparitions de feu Jean-Pierre Cassel dans le rôle du père de Jean-Do.

18765089Synopsis

Le 8 décembre 1995, un accident vasculaire brutal a plongé Jean-Dominique Bauby, journaliste et père de deux enfants, dans un coma profond. Quand il en sortit, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce que la médecine appelle le « locked-in syndrome », il ne pouvait plus bouger, parler ni même respirer sans assistance.
Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil, devient son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie. Il cligne une fois pour dire « oui », deux fois pour dire « non ». Avec son oeil, il arrête l’attention de son visiteur sur les lettres de l’alphabet qu’on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières…
Avec son œil, il écrit ce livre, Le Scaphandre et le papillon, dont chaque matin pendant des semaines, il a mémorisé les phrases avant de les dicter…

Mon avis

J’ai lu le livre il y a quelques années. Je me suis dit avant d’aller voir le film que cette histoire devait être très difficile à adapter sur grand écran. Julien Schnabel a fait des miracles. La façon de filmer, restituant les sensations éprouvées par Jean-Do sont très crédibles et rendent bien. Mathieu Amalric est énorme dans son rôle. Je me suis demandé comment il pouvait jouer à ce point le tétraplégique, avec rictus, regard vif mais triste, … Dans certaines scènes il joue vraiment avec son oeil, toutes les émotions passe par là et on les comprend : c’est le langage des yeux, tout simplement.
Ce film est un de ceux qui nous permettent de relativiser nos tracas quotidiens.
Un film à la hauteur du livre, à voir/lire et à revoir/relire.

La place du mort est un roman de Jeffery Deaver, le troisième de la série mettant en scène Lincoln Rhyme, l’inspecteur tétraplégique et sa collègue Amelia Sachs.

2702133274-08-_sclzzzzzzz_Résumé

Une chance unique s’offre au célèbre criminologue tétraplégique : une intervention chirurgicale en Caroline du Nord pourrait lui rendre partiellement sa mobilité. Mais rien ne se passe comme prévu, et Lincoln Rhyme se trouve pris au piège d’une machination infernale qu’il aura bien du mal à déjouer.
La police locale piétine dans une affaire de meurtres et le suspect, un adolescent surnommé le Cafard, a pris la fuite. , la coéquipière de Rhyme, le persuade alors de diriger l’enquête. Celle-ci débute par une course-poursuite haletante dans de lugubres marais infestés d’insectes. Mais la capture de l’assassin n’est qu’un début.

Mon avis

Je l’ai trouvé un poil moins bon que l’excellent L’homme qui disparaît.
J’ai eu un tout petit peu de mal dans le premier tiers du livre, puis une fois la vitesse de croisière trouvée, j’ai dévoré ce livre jusqu’à la fin. Plus on avance dans le bouquin plus les rebondissements sont nombreux. C’en est presque énervant de se faire berner à chaque fois par le talent de l’auteur.

Ce que j’aime bien aussi, c’est que Deaver offre des pistes aux lecteurs et essaie de le faire chercher. Comme Rhyme j’ai lu et relu les tableaux contenants les différents indices pour tenter de trouver une piste. Rien n’y fait, Deaver et Rhyme sont bien meileurs que moi. Very Happy

La place du mort (The Empty Chair, 2000), de Jeffery Deaver, Calmann-Lévy (2002). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet, 475 pages.