Articles Tagués ‘Histoire’

La Naissance de la Grèce est un petit livre d’Histoire écrit par Pierre Lévêque, un des grands spécialiste de la Grèce Antique, décédé en 2004.

product_9782070531103_195x320Résumé

Démocratie et aristocratie, tragédie et comédie, mathématique et histoire, tout nous vient des Grecs. Des Grecs d’Athènes, mais aussi de Sparte, de Delphes, Corinthe et Syracuse. Hommes, héros ou dieux, Homère, Pythagore, Hérodote, Périclès, Socrate, mais aussi Héraclès, Ulysse et Athéna, innombrables sont ceux qui ont fait la Grèce.

Mon avis

Pour quelqu’un qui souhaite une entrée en matière assez simple dans un sujet relativement précis, la collection Découvertes Gallimard est surement ce qui se fait de mieux, et ce volume n’échappe pas à la règle. Les ingrédients de la collection sont là : un spécialiste du sujet qui écrit sans mots jargonneux et universitaires à destination d’un public de non-initiés, de nombreuses illustrations, des documents annexes, une chronologie très synthétique, et même une bibliographie pour ceux qui voudrait aller plus loin.

La Naissance de la Grèce, de Pierre Lévêque, Gallimard/Découvertes (1990), 176 pages.
Les Bienveillantes est le premier roman de Jonathan Littell. Fils de l’auteur américain Robert Littell, il écrit dans la langue de Molière et a récemment été naturalisé français. Son coup d’essai a été un coup de maître puisqu’il remporte en 2007 le Prix Goncourt et le Grand Prix du Roman de l’Académie Française.

71kfijicnjlRésumé

En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j’ai sans doute forcé la limite, mais là je n’étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.

Avec cette somme qui s’inscrit aussi bien sous l’égide d’Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l’avait fait : l’épopée d’un être emporté dans la traversée de lui-même et de l’Histoire.

Mon avis

La pagination est horrible (aucune aération), et nuit à la lecture. J’ai également eu beaucoup de mal avec les différentes parties et grades de l’armée allemande en début de lecture. Heureusement que l’éditeur avait pensé à nous en insérant un glossaire des abréviations militaires allemandes et un tableau récapitulatif des grades.
Ces calamités mises à part, c’est vrai qu’on a affaire à un grand roman. Le style est travaillé. Le personnage est très riche en contradictions de part sa personnalité, son vécu. La documentation colossale accumulée par l’auteur pendant des années est vraiment visible à la lecture de son œuvre sans être rébarbative pour autant.

Comme je le pensais avant de le commencer, c’est un grand livre, mais un brin difficile à lire.

Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, Gallimard (2006), 912 pages.

Le Corps noir est le cinquième roman de Dominique Manotti.
L’auteur, historienne de formation aime à écrire des romans dont l’action se déroule dans un monde particulier, sur lequel elle fait auparavant un très grand travail de recherches. Celui-ci se déroule dans le Paris de 1944, entre résistants, collabos, gestapistes, tous essayant de trouver la meilleure solution pour leur avenir sentant que le vent tourne, ce qui donne des situations intéressantes pour écrire un roman noir.

2020638789-01-_sclzzzzzzz_Résumé

1944, dans Paris occupé par les troupes allemandes, entre le débarquement des Alliés en Normandie et la libération de la ville deux mois et demi plus tard.
L’ordre nazi imposé par l’occupant est le désordre absolu. La SS allemande, qu’on appelle le corps noir, et son auxiliaire, la Gestapo française, règnent encore, à coups de meurtres, de rapines, de corruption. Tout leur est dû, et elles prennent tout.

Mon avis

J’ai eu la chance de rencontrer Dominique Manotti et de discuter un peu avec elle récemment. Elle m’a dit qu’elle mettait deux ans pour un livre, fractionné de la sorte : un an et demi de recherches (lectures, visionnages de films,…), six mois d’écriture.

On sent à chacune des pages de ces livres qu’elle maîtrise son sujet sur le bout des doigts. Je connais peu de romans où tout sonne si vrai. Le Corps noir est bien une fiction; mais une fiction qui aurait pû se passer, et qui s’est sûrement passé au moins pour une bonne partie des éléments de l’histoire. Là où Manotti invente, c’est de juxtaposer pleins d’événements pour en faire une intrigue cohérente. Son style est particulier, percutant efficace. Pas de mots inutiles, tout est étudié et produit l’effet escompté. Les personnages sont extrêmement bien rendus, leurs pensées, leurs émotions, tout est donné au lecteur pour essayer de comprendre leurs motivations, les poussant aux actes les plus abjects.

On est en temps de guerre, et c’est donc presque normal que les personnages qu’elle nous décrit paie de leur vie leurs errances à un moment ou un autre.
Pour un passionné de roman policier et d’Histoire, ce genre de livre est vraiment l’alliance des deux, presque parfaite.

Le Corps noir, de Dominique Manotti, Le Seuil (2004), 304 pages.

Le dossier F.L.B. : Plongée chez les clandestins bretons est une enquête à caractère historique menée par deux journalistes bretons, Alain Cabon et Erwan Chartier.

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La plus complète étude à ce jour sur l’histoire et la vie du Front de Libération de la Bretagne, ce livre est en chantier depuis de nombreuses années, le temps qu’il faut pour ouvrir toutes les portes et recueillir les témoignages directs de très nombreux acteurs de premiers plans de l’action directe indépendantiste et autonomiste en Bretagne. Un travail sérieux, qui restera dans les annales. Une véritable plongée chez les clandestins.
Ce tableau saisissant ne pouvait être obtenu que par la libre parole laissée aux acteurs d’un FLB constitutif, qu’on le déplore ou s’en réjouisse, de l’histoire collective contemporaine bretonne

Mon avis

Étant résolument Breton, et passionné d’Histoire, une enquête sur ce sujet ne pouvait que me passionner. Réalisée par deux journalistes réputés, celle-ci sait montrer les avis de tous les camps et restituer les divers événements dans leur contexte historique tout en restant très objective. De nombreuses révélations sont au programme du fait que d’anciens acteurs du conflit, tant du côté des clandestins bretons que des services de renseignements et de police ont accepté de témoigner, apportant un éclairage parfois nouveau sur ces évènements.
Des documents d’époque (photos, affiches, textes,…) viennent compléter ce livre intéressant.

Le dossier F.L.B. : Plongée chez les clandestins bretons, d’Alain Cabon et Erwan Chartier, Coop Breizh (2006), 355 pages.

Impasse et rouge est une BD de Séra, montrant certains aspects de la guerre au Cambodge (1971-1976), avec les Khmers Rouges.
Séra est un dessinateur/scénariste de BD français né au Cambodge. Il a vécu une partie de ces événements durant son enfance. Il a écrit de nombreuses BD sur son pays natal, qu’il défend avec ferveur, mais il a aussi fait d’autres BD (une série sur Dracula notamment).2226136401-01-_sclzzzzzzz_Résumé

Mai 1970 : aux environs de la ville de Takéo. Le roi Sihanouk vient d’être renversé par les militaires. Snoul n’est encore qu’un jeune villageois, il suit l’enseignement des moines à la pagode mais déjà une haine incontrôlée le pousse à martyriser le jeune Ky parce qu’il est Vietnamien.

Mon avis

Très peu de dialogues (il n’y en a pas besoin), des dessins magnifiques et saisissants, Séra réalise ici une BD magnifique.
L’histoire de Snouk,  inspirée par la vie d’un personnage réel (un ami du père de l’auteur) se mêle le temps d’une BD à l’Histoire avec un grand « H », celle du Cambodge au moment de l’arrivée des Khmers rouges. L’histoire commence en Mai 1970 et se termine en avril 1975 avec l’entrée des communistes dans la ville de Phnom Penh (ville natale de l’auteur rappelons-le). La BD en elle-même est précédée d’une explication par Séra sur le pourquoi de ce livre et est suivie d’un dossier, avec chronologie des événements historiques et cartes de l’époque.
Pour quelqu’un  qui comme moi aime l’Histoire, cette BD, en plus d’être d’un esthétique plaisante est très intéressante.

Impasse et rouge, de Séra (scénario et dessin), Albin Michel (2003), 85 pages.