Articles Tagués ‘Italie’

La Pension de la via Saffi (L’Affittacamere) est un roman de Valerio Varesi publié par Agullo l’an dernier, dans une traduction de Florence Rigollet.

41nemdavwulRésumé

Quelques jours avant Noël, Ghitta Tagliavini, vieille dame propriétaire d’une pension dans le centre historique de Parme, est retrouvée morte dans son appartement. L’acte est semble-t-il criminel et l’enquête est confiée à Soneri.
Seulement, le commissaire connaissait Ghitta, car c’est dans sa pension, alors fréquentée par des jeunes gens et notamment des infirmières, qu’il a rencontré sa femme Ada, des années auparavant. Ada qui est décédée de manière dramatique peu après leur mariage. Forcément, voilà qui fait ressurgir à la surface bien des souvenirs, agréables et tristes à la fois.
Commençant à creuser, Soneri se rend compte que l’affable Ghitta qu’il a connue cachait bien son jeu et qu’elle savait aussi se montrer impitoyable.

Mon avis

Après sa première enquête qui l’avait vu affronter un Pô en crue, l’on retrouve avec plaisir le commissaire Soneri dans ce second opus, similaire à bien des égards bien qu’il soit totalement urbain et que la nature y soit moins présente – l’histoire se déroule essentiellement à Parme. Là encore, on déconseillera sa lecture aux aficionados de page-turners hollywoodiens. Ici, le commissaire avance dans son enquête, mais piano piano, tout en se replongeant dans son passé douloureux. Cet aspect mélancolique et quelque part endeuillé à vie rapproche Soneri d’Erlendur (à ceci près que le personnage d’Arnaldur Indriðason n’a pas perdu sa femme mais son frère). Tout en étant en couple – avec une Angela qui cherche sa place dans la vie du commissaire – il vit encore avec le fantôme de sa femme, ou du souvenir magnifié qu’il s’en est fait.

 » Ceux qui disent ça ne connaissaient pas Cornetti. C’était certes un homme plein de contradictions, mais il vivait très bien avec. C’était un type qui s’en sortait d’instinct. Il était communiste, mais il faisait des affaires. Il était dans un parti moraliste, mais c’était un homme à femmes. Il finançait des groupes extrémistes parce qu’il y retrouvait la passion de ses vingt ans, mais ça ne l’empêchait pas d’aller au Regio dans les loges des industriels. Il fallait le prendre comme il était. « 

Comme dans le précédent roman, l’intrigue va amener Soneri à s’interroger sur des évènements passés qui continuent encore à faire des remous aujourd’hui. Les filatures – il y en a – ne se font pas en bolide et à toute allure mais en arpentant à pied les rues du vieux Parme. C’est d’ailleurs un plaisir que de se balader dans le centro storico de la capitale d’Émilie-Romagne avec les personnages de Valerio Varesi, né à Turin mais de parents parmesans, et qui semble bien connaître la ville… et sa gastronomie. Soneri, qui n’y était pas retourné depuis ses années étudiantes, peine à reconnaître certains quartiers, métamorphosés et plus multiethniques qu’alors.
Les rebondissements sont peut-être un peu moins présents que dans Le Fleuve des brumes mais le plaisir de lecture est identique et l’on a déjà hâte de retrouver Soneri dans Les Ombres de Montelupo, paru il y a quelques mois.

Sachant prendre le temps qu’il faut sans jamais ennuyer son lecteur ni perdre de vue l’intrigue principale, Valerio Varesi s’affirme comme une valeur sûre du roman noir à la Simenon. Et son personnage récurrent, le commissaire Soneri, a un côté fragile, loin des héros bodybuildés et surentraînés des thrillers américains, qui achève de le rendre attachant.

La Pension de la via Saffi (L’Affittacamere, 2004), de Valerio Varesi, Agullo/Noir (2017). Traduit de l’italien par Florence Rigollet, 320 pages.

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Les yeux fermés (Ad occhi chiusi) est un roman de Gianrico Carofiglio paru chez Rivages en 2008 puis en Rivages/Noir en 2012.
Il est traduit de l’italien par Claude-Sophie Mazéas.

51bxu8z46llRésumé

Guido Guerrieri est avocat à Bari. Surviennent l’inspecteur Tancredi et une femme en blouson de cuir qu’il prend pour son binôme. Il n’en est rien, l’habit ne fait décidément pas le moine, pas plus que la sœur. Claudia est religieuse et dirige un foyer recueillant des femmes fuyant la violence, conjugale principalement. Elle et Tancredi souhaitent que Guerrieri les aide à attaquer en justice un homme violent qui semble intouchable du fait de la position stratégique de son père dans les rouages de la justice locale. Bien qu’il eût été plus simple de décliner, le sens de la justice de Guido ainsi que son goût pour les ennuis le poussent à accepter.

Mon avis

Il y a quelques années, nous avions lu avec plaisir la première enquête de Guido Guerrieri, Témoin involontaire, qui n’était autre que le premier roman de l’auteur. Gianrico Carofiglio a depuis fait un sacré bonhomme de chemin, chez Rivages, puis au Seuil, bien que ses derniers romans n’aient malheureusement pas été traduits de ce côté-ci des Alpes.
Magistrat puis procureur à Bari, élu sénateur en 2008 : c’est peu dire que l’auteur connaît bien les rouages de la justice et la vie politique – animée – du sud de l’Italie. Cette connaissance transparaît dans ses œuvres, comme ici, sans qu’on n’ait jamais le sentiment que l’auteur étale ses connaissances de manière superflue.
Si l’on retrouve avec plaisir Guido, toujours bon avocat mais quelque peu désabusé par le système judiciaire qui condamne trop souvent les faibles pour réserver son laxisme aux plus aisés, d’autres personnages valent eux aussi le détour. C’est particulièrement le cas de sœur Claudia, qui brise tous les clichés sur les nonnes, notamment par sa pratique à haut niveau de la boxe. L’énergie brute de la jeune femme, ainsi que sa force de caractère donne envie à Guido de renfiler ses gants et de profiter d’un cours particulier. Mais peut-on décemment flirter avec une sœur ?
L’intrigue n’offre pas des rebondissements à gogo, il est vrai, mais Gianrico Carofiglio est un très bon conteur d’histoires et l’on suit les développements de l’histoire avec plaisir, en grande partie dans le prétoire mais aussi au cours de digressions, parfois mélancoliques, qui nous éloignent de l’activité de la cour. Assez lent, le roman prend le temps et nous offre par exemple de mémorables scènes de déambulations nocturnes dans les rues de Bari.

Après avoir abordé l’immigration et le racisme dans son premier roman, cette enquête prend à bras-le-corps le sujet peu évident des violences conjugales. Un procédural italien, très bien écrit, qui donne envie de retrouver le sympathique Guerrieri, amateur de musique et de boxe, dans ses enquêtes suivantes, Les raisons du doute et Le silence pour preuve.

Les yeux fermés (Ad occhi chiusi, 2003), de Gianrico Carofiglio, Rivages (2008). Traduit de l’italien par Claude-Sophie Mazéas, 214 pages.

Savana Padana est un roman de Matteo Righetto paru l’an dernier chez La dernière goutte, dans la collection Fonds noirs.
Il est traduit de l’italien par Zooey Boubacar.

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San Vito est une petite ville rurale et tristounette située dans la plaine du Pô. Deux bars s’y font face, l’un tenu par des Italiens, l’autre par des Chinois. Des deux côtés, ça trempe dans des combines allant du deal au braquage. Récemment, des Gitans se sont installés dans la bourgade. À peine tolérés dans l’établissement de Chen, le Tigre, ils sont haïs par les autochtones. Vivant de trafics divers et de petits larcins, ceux-ci commettent une erreur fatale. Non seulement ils cambriolent la villa d’Ettore Bisato, mais ils repartent avec ce que celui qu’on surnomme la Bête a de plus précieux : sa statue de Saint Antoine.

Mon avis

Très court, ce roman noir italien compte 120 pages découpées en 13 chapitres. Un nombre qui porte malheur sans doute tant les protagonistes sont tous plus ou moins des poissards invétérés. Dans cette galerie de bras cassés peints à grands traits par Matteo Righetto, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Les conversations de Berto, Sante, Nereo, Nibale et Nini ne volent pas bien haut. Autour d’une partie de cartes, devant une bière ou une anisette, on rêve de millions et de femmes fatales mais en vérité on se contente de quelques coups foireux et de prostituées de seconde zone. Le carabinier du village, le commandant Crado, ne brille pas plus par son intelligence. Seul Ettore se détache quelque peu du lot, de par son autorité naturelle et la crainte qu’il inspire et lui valent son surnom.
L’auteur n’a sans doute pas eu la prétention de signer un grand roman mais on sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à l’écrire. Ces hommes à la bêtise crasse se retrouvent embarqués dans une spirale de violence qui va vite les dépasser. Matteo Righetto manie l’humour grinçant sans avoir l’air d’y toucher et n’hésite pas à forcer le trait ce qui nous vaut certaines scènes jubilatoires, aussi cocasses que gores, comme cette manière originale de « faire fondre une glace » (faire disparaître un cadavre dans le langage codé de la bande).

Ouvrir Savana Padana est la garantie d’avoir devant soi une bonne heure de fiction noire plaisante, qui devrait ravir les amateurs de Tarantino, entre autres.

Savana Padana (Savana Padana, 2012), de Matteo Righetto, La dernière goutte/Fonds noirs (2017). Traduit de l’italien par Zooey Boubacar, 121 pages.

Le Dernier arrivé est un roman de Marco Balzano paru l’an dernier chez Philippe Rey.
Il est traduit de l’italien par Nathalie Bauer.

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Ninetto, 57 ans, est incarcéré dans une prison milanaise. Depuis sa cellule, il se remémore sa jeunesse. Son départ – voire sa fuite – de Sicile, alors âgé de neuf ans. Son arrivée à Milan, la débrouille permanente, pour manger, pour dormir… La rencontre qui changera sa vie : celle de Maddalena, qui deviendra sa femme. L’usine, sur la chaîne de montage d’Alfa-Roméo, le syndicalisme, mais pas trop finalement. Et puis ce qui l’a conduit ici…

Mon avis

Le Dernier arrivé est un bien beau roman, enveloppé d’un quelque chose d’assez indescriptible mais de profondément italien qui pourrait être quelque peu l’équivalent de la saudade portugaise.
Avec une grande sensibilité mais sans verser dans le pathos, Marco Balzano parvient à mêler la nostalgie de certains pans de l’enfance, le regrets d’action désormais irrévocables, mais aussi l’amour et la fidélité absolues qu’éprouve Ninetto pour sa femme. Et cette frustration, parfois proche d’une rage intérieure, de ne pas pouvoir la rendre à Maddalena comme il le souhaiterait, surtout depuis sa cellule…
Sans que ce ne soit véritablement le « sujet » du roman (au sens un peu lourd qui le rapprocherait de l’essai), Balzano évoque largement cet exil rural massif qui a vidé le Mezzogiorno après-guerre. Ces myriades de jeunes (surtout) mais aussi de moins jeunes, qui ont fui la misère et leurs petits villages de Sicile, de Calabre ou des Pouilles pour se retrouver, qui à Milan, qui à Gênes, qui à Turin, bien plus dynamiques alors. C’est aussi bien souvent un changement d’activité, du travail de la terre à celui de l’usine – plus rarement du tertiaire.
Émouvant, Le Dernier arrivé l’est souvent. Triste ou nostalgique, aussi, drôle parfois, comme lors de cette scène mémorable où Ninetto (qui a quitté l’école trop tôt et avec regret, puis passé sa vie à l’usine et derrière les barreaux), enfin sorti de prison, se remet à chercher du travail. Alors qu’il est prêt à apprendre et à faire quasiment n’importe quoi, on lui demande partout CV, lettres de motivation et autres questionnaires, lui qui ne sait même pas ce qu’est un CV. O tempora, o mores.

Si Le Dernier arrivé est le premier roman de l’auteur disponible en langue française, il y a fort à parier que ce ne sera pas le dernier. Un nouvelle plume italienne à suivre, assurément.

Le Dernier arrivé (L’ultimo arrivato, 2014), de Marco Balzano, Philippe Rey (2017).
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer, 240 pages.

Le Fleuve des brumes (Il Fiume delle nebbie), paru en Italie en 2003, est le premier roman de Valerio Varesi à paraître en France.

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Le commissaire Soneri est appelé par l’hôpital de Parme où un homme vient de se défenestrer. Le défunt était bien connu et apprécié des soignants comme des patients, lui qui donnait de son temps pour tenir compagnie aux personnes esseulées durant leur hospitalisation.
Dans le même temps, une péniche part à la dérive sur le Pô déchaîné. Il ne cesse de pleuvoir sur l’Émilie-Romagne, et le fleuve, dont la puissance est décuplée par les nombreux affluents, menace de sortir de son lit d’un instant à l’autre. Le bateau finit par s’échouer et son propriétaire, un batelier aguerri, est aux abonnés absents. Soneri, qui en a vu d’autres, est à peine surpris d’apprendre que le propriétaire de la péniche, répondant au nom de Tonna, n’est autre que le frère du suicidé.

Mon avis

Si le Commissaire Soneri connait un succès certain en Italie, où la série qui lui est consacrée compte déjà une douzaine d’enquêtes depuis 1998, ce n’est que l’an dernier qu’il traverse les Alpes grâce aux éditions Agullo et à la traduction de Sarah Amrani.

Nous pouvons d’emblée l’affirmer sans prendre de grands risques : les amateurs de thrillers effrénés ne trouveront pas là leur tasse de thé, ou plutôt de Ristretto. Valerio Varesi prend le temps d’installer le décor et les personnages, et l’intrigue, sans être secondaire, est mise au même niveau que les éléments précités. Le style d’écriture et le caractère flegmatique et consciencieux du commissaire évoquent davantage rappelle quelque peu l’Erlendur cher à Arnaldur Indriðason.

« Commissaire, vous le voyez, le Pô ? Ses eaux sont toujours lisses et calmes, mais en profondeur il est inquiet. Personne n’imagine la vie qu’il y a là-dessous, les luttes entre les poissons dans les flots sombres comme un duel dans le noir. Et tout change continuellement, selon les caprices du courant. Personne parmi nous n’imagine le fond avant de s’y être frotté et la drague fait un travail toujours provisoire. Comme tout ici-bas, vous ne trouvez pas ? »

Le Pô, prêt à inonder la vallée d’un instant à l’autre est un personnage à part entière du roman, tout comme le brouillard, lesquels joueront tous deux un rôle important dans l’histoire.
Malgré le froid et l’humidité ambiants, l’écriture de Valerio Varesi est chaleureuse, presque douillette par moment, lui qui prend la main du lecteur pour l’installer à table, à l’abri des intempéries avec les anciens, autour d’une partie de belote, d’un bon vin italien ou d’un plat local, rustique mais revigorant.

Le personnage de Soneri est plutôt attachant, et ses rapports avec sa compagne sont assez atypiques, elle qui débarque toujours à l’improviste pour le retrouver dans des endroits plus incongrus les uns que les autres.

Tout au plus pourra-t-on reprocher à l’auteur quelques vilains tics d’écriture, parfois pénibles. On comprend assez vite, par exemple, que l’inspecteur porte un pardessus Montgomery et que sa sonnerie de téléphone est une version atroce de l’Aïda de Verdi. Seulement, c’est tellement répété que ça en devient presque comique, ce qui n’était vraisemblablement pas le but recherché.

Le Fleuve des brumes est un beau roman qui vaut autant, sinon plus, pour son ambiance que pour son intrigue, qui n’en demeure pas moins de qualité bien que de facture classique. On retrouvera Soneri, cousin transalpin de Maigret, dans La Pension de la Via Saffi, sans doute avec le même plaisir.

Le Fleuve des brumes (Il Fiume delle nebbie, 2003), de Valerio Varesi, Agullo/Noir (2016), 315 pages. Traduit de l’italien par Sarah Amrani.

L’évasion, publié le mois dernier à la Série Noire (Gallimard) est le neuvième roman de Dominique Manotti.

Résumé

Rome, 1987.
Filippo Zuliani, derrière les barreaux, fait la connaissance de Carlo Fedeli, un célèbre prisonnier politique italien membre des Brigades Rouges, qu’il admire assez vite. Lorsque l’occasion se présente pour le jeune délinquant de s’évader avec cette pointure, il ne la laisse pas passer. Seulement, les choses ne se passent pas vraiment comme prévu et Filippo est obligé de s’exiler en France pour avoir une chance de rester en vie. Devant mener une vie discrète à Paris, il trouve son temps long et la solitude lui pèse. Il se met à écrire.

Mon avis

On ne présente plus Dominique Manotti auteur de nombreux romans noirs à succès comme Nos fantastiques années fric, adapté sur grand écran sous le titre Une affaire d’État, ou L’honorable société, écrit à quatre mains avec DOA et lauréat du Grand Prix de littérature policière en 2011. L’historienne de formation s’était jusqu’à présent contentée du présent et du passé de la France comme cadre de ses romans. Cette fois-ci, nouveau décor : elle franchit les Alpes pour nous raconter les « années de plomb », ce temps où la police italienne menait la vie dure aux groupuscules d’extrême gauche (et inversement) et où les attentats étaient monnaie courante.

A travers les personnages de Filippo, de Carlo et de sa compagne Lisa, on en apprend beaucoup sur cette période violente de l’histoire récente de l’Italie ainsi que sur le quotidien des réfugiés politiques. Filippo a beau être un protagoniste intéressant, on peine à s’y attacher, mais peut-être est-ce fait exprès ? Finalement, c’est peut-être Lisa qui émouvra le plus le lecteur, elle qui n’aura de cesse de chercher à découvrir la vérité quant à la mort de l’homme de sa vie. Connaissant Carlo comme personne, elle n’est guère convaincue par la thèse officielle, celle du braquage raté. Mais faut-il pour autant voir la main des services secrets italiens derrière ce bain de sang ?

Pas vraiment d’intrigue policière dans ce court roman – deux cents pages – qui se lit néanmoins très bien tant l’écriture de Dominique Manotti sert efficacement le récit. Comme d’habitude, l’auteur utilise le présent, privilégie les phrases courtes et ne s’embarrasse pas de superflu. Sans surprise, il s’agit de l’histoire d’une évasion et de ses conséquences, « L’évasion » étant aussi le titre du roman qu’écrit Filippo pour tenter d’aller de l’avant.

Ce dernier opus de Dominique Manotti n’est sans doute pas le plus réussi, ou tout au moins pas le plus à même de plaire à un large public. Dans la veine historique, on préférera Le corps noir, et côté politique, Nos fantastiques années fric ou Lorraine Connection. À défaut d’être véritablement passionnant, L’évasion n’en demeure pas moins un roman noir efficace, intéressant et sans concession, comme peu d’auteurs savent en écrire.

L’évasion, de Dominique Manotti, Gallimard/Série Noire (2013), 224 pages.