Articles Tagués ‘L’Atalante’

Nuit bleue est un roman noir de l’Allemande Simone Buchholz qui paraît aujourd’hui dans la toute nouvelle collection Fusion des éditions de l’Atalante, dans une traduction de Claudine Layre.

Résumé

Chastity Riley est procureure à Hambourg. Sa personnalité atypique et quelques déboires passés l’ont amenée à être mise au placard. Désormais cantonnée à la protection des victimes, elle se retrouve ici à l’hôpital à veiller sur un homme mystérieux, sévèrement roué de coups et fraîchement amputé d’un doigt. Bien qu’il finisse par se réveiller, l’inconnu ne semble pas avoir envie de s’épancher ni même de décliner son identité. Riley n’est pas du genre à se laisser abattre. Bières clandestines à l’appui, elle tente d’amadouer l’homme, bien décidée à lui délier la langue.

Mon avis

Nuit bleue est le premier roman d’une toute nouvelle collection, Fusion, lancée aujourd’hui par l’éditeur nantais Atalante, jusqu’à présent connu des amateurs de littératures de l’imaginaire, et plus spécialement de science-fiction et de fantasy. À la tête de ce nouveau projet qui a pour ambition d’explorer les frontières du genre policier : Caroline de Benedetti et Émeric Cloche, deux Nantais ayant déjà à leur actif la revue spécialisée L’Indic.

Nuit bleue, pour en revenir à lui, est la sixième enquête de Chastity Riley et la seconde à être traduite en français, la première, Quartier rouge, étant parue dans un relatif anonymat chez Piranha en 2015. Simone Buchholz a fait le nécessaire pour qu’il soit tout à fait possible de savourer ce titre sans avoir lu les précédents.
On imagine sans peine que l’autrice allemande a mis beaucoup d’elle dans son personnage principal, dotée d’un fort caractère et atypique pour sa profession à bien des égards. Fêtarde, amatrice de bière et de football – en particulier du FC Sankt Pauli, club ouvertement antifasciste qui lui aussi détone dans l’univers du foot – elle est bien plus à son aise dans la nuit et les quartiers populaires de Hambourg que dans les ors des tribunaux.
L’intrigue, sans être folle d’originalité, est solide et mènera rapidement Chastity Riley à s’intéresser à Gjergj Malaj, un intouchable caïd albanais.

La quatrième de couverture nous promet d’ores et déjà que cet opus ne sera pas la dernière aventure de Chastity. Tant mieux, car le cadre de ce polar est peu commun et le plaisir de lecture réel.

Nuit bleue (Blaue Nacht, 2016), de Simone Buchholz, L’Atalante/Fusion (2021). Traduit de l’allemand par Claudine Layre, 240 pages.

Les Dames blanches est un roman de Pierre Bordage paru chez L’Atalante en mai 2015.

51lxcglrbzlRésumé

France, de nos jours.
Élodie habite dans les Deux-Sèvres, où elle élève seule son fils Léo, âgé de 3 ans. Un jour, une curieuse bulle blanche, assez imposante, apparaît dans un champ non loin de la maison. Élodie est curieuse mais ne s’en inquiète pas plus que ça, jusqu’à ce que Léo, comme subitement attiré par la chose, coure vers elle pour disparaître à l’intérieur. Bientôt, d’autres bulles, identiques, apparaissent aux quatre coins du globe, et d’autres enfants se font avaler par ces « Dames blanches », aussi mystérieuses que solides.

Mon avis

On ne présente plus Pierre Bordage, prolifique auteur qui figure parmi les plus grands noms des littératures de l’imaginaire en France. Touche-à-tout, il écrit aussi bien de la fantasy que du thriller – on se souvient du très bon Porteurs d’âmes, paru au Diable Vauvert en 2007 – ou, comme ici, des romans d’anticipation.

Dans cet opus, de mystérieuses bulles happent, sans qu’on ne sache ni pourquoi ni comment, des enfants ayant tous pour point commun d’avoir moins de quatre ans au moment de leur disparition. À partir de cette idée de départ, originale mais relativement simple, l’auteur nous propose un grand roman choral, riche en action et faisant parfois froid dans le dos.

Les chapitres font se succéder différents personnages et l’on découvre tour à tour, Élodie et Léo donc, puis Camille, une jeune journaliste chargée d’enquêter sur ces étranges bulles ; Lucio, un ex-légionnaire devenu artificier et chargé par le gouvernement de trouver une solution pour éradiquer ces choses manu militari ; Basile, un ufologue noir convaincu que les Dames blanches ne sont pas venues sur Terre en ennemies et qui essaie de communiquer avec elles, etc.

Tout au long de ce récit intelligent en diable qui se déroule sur plusieurs générations – bien rares sont les romans à se dérouler sur un temps aussi long, c’est dommage – l’auteur prend un malin plaisir à imaginer les réactions des uns et des autres, et notamment de nos chers gouvernants, face à ces phénomènes inexplicables. Ses trouvailles, comme la terrible loi d’Isaac bientôt promulguée par l’ONU au niveau international, sont parfois aussi atroces que malheureusement prévisibles en un sens. Mais ne dévoilons pas plus les éléments de ce superbe roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre et gagnerait à se voir offrir une seconde jeunesse au format poche.

Avec Les Dames blanches, Pierre Bordage signe une fiction d’anticipation brillante qui ne peut que donner envie de poursuivre la découverte de l’œuvre riche de cet auteur talentueux aux univers parfois très différents.

Les Dames blanches, de Pierre Bordage, L’Atalante (2015), 380 pages.