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The Burning Room (Mariachi Plaza pour la VF) est un roman de Michael Connelly originalement publié en 2014.
S’il s’agit de la 19e enquête de son personnage fétiche Harry Bosch, c’était pour ma part ma première incursion dans l’univers de cet auteur, ainsi que ma première lecture d’un titre de la collection « Yes you can ! » proposée par Harrap’s (j’en toucherai un mot ultérieurement).
La traduction française, signée Robert Pépin (himself), est parue en 2016 chez Calmann-Lévy avant d’être reprise il y a quelques mois au Livre de poche.

51cj6c4p8alRésumé

Orlando Merced jouait du vihuela sur une place de Los Angeles avec son groupe de mariachi lorsqu’il a été grièvement atteint par une balle perdue. Dix ans après la tragédie qui l’a laissé paraplégique, il décède d’une complication. C’est l’occasion pour le LAPD de rouvrir ce cold case qui avait fait grand bruit à l’époque et de le qualifier d’homicide. La mort du musicien permet en effet d’accéder à un élément-clé : la balle, qui était restée, indélogeable, dans sa colonne vertébrale.
L’enquête est confiée à Harry Bosch et Lucia Soto, son nouveau binôme. Lorsqu’il découvre que la jeune femme s’intéresse de très près (et à l’insu de sa hiérarchie) à une vieille affaire d’incendie criminel irrésolu, il décide de lui donner un coup de main.

Mon avis

The Burning Room est donc, je le disais, la dix-neuvième enquête d’Harry Bosch, apparu pour la première fois il y a un quart de siècle dans Les égouts de Los Angeles. Contrairement aux personnages de BD qui ne vieillissent jamais au fil des décennies, Harry est désormais un vieux briscard que ses supérieurs commencent à pousser gentiment vers la sortie. S’il commence à être las de certains aspects de son métier, l’inspecteur reste redoutable et c’est pourquoi ses supérieurs lui confient des affaires pour le moins délicates. Après avoir assisté, impuissante, à la mort de son précédent binôme et tué son assaillant, Lucia Soto est intégrée au service des affaires irrésolues, que Bosch occupe aussi désormais. En plus de travailler à élucider ce crime vieux de dix ans sans preuves et presque sans témoins, Bosch est chargé de lui apporter son expérience.

Les amateurs d’Harry Bosch retrouveront assurément dans ce titre tout ce qui a contribué au succès de cette série et de son auteur. Quant à ceux qui découvrent là Michael Connelly, ils ne seront sans doute pas déçus. Mariachi Plaza est un polar « procédural », qui sait prendre le temps de donner à voir – minutieusement mais sans être rébarbatif – les dessous de l’enquête : autopsie, mandats, méthodes d’interrogatoire… Les rapports de Bosch, toujours assez rebelle dans l’âme malgré l’âge avançant, avec ses supérieurs – et notamment l’un d’entre eux, qui lui met une pression du résultat de tous les instants – sont assez croustillants. Le binôme qu’il forme avec Soto est aussi intéressant. Il en a connu des coéquipiers, et se méfie de quiconque lui est mis dans les pattes par ses chefs. Mais il s’avère vite que Lucia est plutôt du type à ramener ses dossiers chez elle qu’à lambiner au bureau, et le contact passe bien.
L’enquête – ou plutôt la double enquête car le binôme mène rapidement deux affaires de front – est littéralement passionnante et amène assez rapidement les protagonistes dans les eaux troubles d’un milieu qu’Harry abhorre par-dessus tout, celui des politiciens.

Mariachi Plaza est un très bon polar, tendance procédurale, qui fait néanmoins la part belle aux personnages et à leurs sentiments tout en maintenant un suspense de tous les instants sur certaines zones d’ombre de l’histoire. Typiquement le type d’opus qui donne envie de (re)découvrir l’oeuvre d’un auteur. Et ça tombe bien, celle de Michael Connely est riche.

The Burning Room, de Michael Connely, Harraps / Yes you can ! (2016), 428 pages.

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Sur les nerfs, écrit en 1994 mais seulement publié en France cette année (par Fayard), est le premier roman de l’Américain Larry Fondation.
https://i0.wp.com/polars.pourpres.net/img/uploads/sur_les_nerfs_larry_fondation_fayard.jpgRésumé
Ou pas… (voir ci-dessous)

Mon avis

Bien difficile de résumer cette histoire qui n’en est pas une mais plutôt une multitude. Au fil des quelque cent-vingt pages qui composent ce texte pour le moins atypique Larry Fondation nous propose des instantanés : de quelques pages, de quelques lignes, parfois même de quelques mots ne formant pas même des phrases. Ce faisant, l’Américain plonge le lecteur dans le côté obscur de Los Angeles, lui faisant voir au ras du bitume la vie de nombre d’habitants des classes populaires et plus défavorisées encore, à mille lieues des stars et des cocotiers des cartes postales.

Tenant parfois presque autant de la photographie ou de la sculpture que du roman, ce texte expérimental – qui est aussi le premier roman de l’auteur, écrit il y a près de vingt ans – ne se donne pas à lire facilement. Pourtant, après quelques pages, le pli est pris et l’on observe avec curiosité cette galerie de personnages que nous donne à voir Larry Fondation. Chacun d’eux est pris dans le tourbillon de la vie, frôlant la mort ou l’amour, espérant une plus belle existence et essayant de l’atteindre, sans toujours prendre le plus droit chemin.

Une expérience de lecture des plus étonnantes.


Sur les nerfs (Angry Nights ,1994) de Larry Fondation, Fayard (2012). Traduit de l’américain par Alexandre Thiltges, 117 pages.