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Le Premier mai tomba la dernière neige (Tage des letzten Schnees) est un roman de Jan Costin Wagner paru chez Jacqueline Chambon en 2015 dans une traduction de Marie-Claude Auger.
Il est désormais disponible
en poche en Babel Noir.

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Turku, Finlande, début mai.
Lasse Ekholm ramène sa fille de son cours de hockey sur glace. Un véhicule arrive en face. Une vive lumière. Et puis le choc. Lasse est indemne mais Anna, onze ans, qui n’avait pas mis sa ceinture, meurt sur le coup.
Kimmo Joentaa est appelé sur place et se prend vite d’empathie pour Lasse, qu’il connaît un peu. Il a été le patron de sa femme, Sanna, emportée depuis par la maladie.
Bientôt, le commissaire doit faire face à un double meurtre inexpliqué. Une jeune femme et un homme d’une quarantaine d’années sont retrouvés morts dans un parc, comme endormis ensemble sur un banc enneigé.

Mon avis

Allemand, Jan Costin Wagner vit la moitié de l’année en Finlande, pays de son épouse, où il situe l’action de ses œuvres. À commencer par sa série consacrée à Kimmo Joentaa, débutée chez nous par la parution de Lune de glace à la Série Noire (2006) puis poursuivie depuis chez Jacqueline Chambon. Dans ce cinquième opus, l’auteur fait alterner diverses histoires qui n’ont a priori aucun lien. Au dramatique accident de la route et au double meurtre, il faut ajouter un adolescent mal dans sa peau remonté contre le monde entier et visiblement décidé à se venger, et Markus Sedin, cadre d’une grande banque et marié, qui tombe fou amoureux d’une jeune prostituée à l’occasion d’un voyage d’affaires à Ostende.

Il suffit parfois de deux intrigues parallèles pour qu’un auteur s’emmêle quelque peu les pinceaux. Ce n’est assurément pas le cas de Jan Costin Wagner qui jongle avec ces différentes histoires avec une virtuosité déconcertante. Les personnages sont tous bien brossés et certains d’entre eux sont particulièrement émouvants. Le deuil est visiblement un thème récurrent de l’auteur, Joentaa étant veuf depuis quelques romans. Il joue ici un rôle plus important encore à cause du drame qui a frappé de plein fouet la famille Ekholm. Les réactions diamétralement opposées de Lasse et de sa femme face à l’indicible sont subtilement décrites et certains passages sont terriblement poignants.
Destins brisés à jamais… Le texte est triste et mélancolique mais la sensibilité de l’auteur et une certaine poésie magnifient ce que cette chienne de vie peut offrir de plus laid.
Le côté policier n’est pas délaissé pour autant. L’auteur distille peu à peu des éléments, et si l’étau se resserre indéniablement, le lecteur est bien en peine de saisir tous les tenants et aboutissants jusqu’au dénouement, aussi inattendu que réussi.

Souvent émouvant, toujours juste, n’oubliant pas les rebondissements, ce texte de Jan Costin Wagner est brillant et rappelle les meilleurs romans d’Arnaldur Indriðason. Gageons que ce sera pour beaucoup une très belle découverte, laquelle pourra être poursuivie par la nouvelle enquête de Kimmo Joentaa, Sakari traverse les nuages, parue en octobre, ou par les précédents opus, disponibles en Babel/Noir.

Le Premier mai tomba la dernière neige (Tage des letzten Schnees, 2014), de Jan Costin Wagner, Jacqueline Chambon (2015). Traduit de l’allemand par Marie-Claude Auger, 288 pages.

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