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Mais je fais quoi du corps ?, paru aux éditions du Masque il y a quelques jours, est le troisième roman d’Olivier Gay à mettre en scène le personnage de Fitz.

Résumé

Fitz, oiseau de nuit, dealer de coke et coureur de jupons invétéré, décide d’inviter sa meilleure amie chez ses parents, qui s’inquiètent de savoir leur fiston tout seul. Alors que tout se présente pour le mieux, il reçoit un message d’un de ses clients VIP, le député Georges Venard. Écourtant sa visite parentale, il se rend d’urgence chez l’élu, croise un type dans l’escalier et trouve porte close. Le lendemain, la une des journaux lui apprend le suicide du politicien, et son propre appartement est cambriolé durant son absence. Le début des ennuis, en somme.

Mon avis

C’est sans doute avec plaisir que les lecteurs des romans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel et Les mannequins ne sont pas des filles modèles retrouveront John-Fitzgerald Dumont – Fitz pour les intimes – le beau gosse noctambule et poissard créé par Olivier Gay.

Cette fois-ci, notre dealer préféré se retrouve embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse. Ayant appris que le cambrioleur avait demandé par téléphone « Mais je fais quoi du corps ? », Fitz comprend que ce n’est pas à ses biens mais bien à sa peau qu’on en veut. Ne pouvant pas trop aller voir la police dans sa situation, ni se cacher éternellement, Fitz décide de trouver qui lui en veut. Épaulé une fois de plus par Deborah et Moussa, ses amis/clients préférés, il va devoir faire preuve de courage et d’obstination pour connaître le fin mot de l’histoire.

On ne nous dit pas si Olivier Gay, qui semble bien connaître les nuits parisiennes, a été barman dans une autre vie, mais comme dans les précédents opus, il maîtrise les dosages. Son cocktail mêlant suspense, descriptions des microcosmes de la capitale et humour (toujours aussi bon) est très réussi. Il nous sort aussi de son shaker une intrigue bien frappée, dont les révélations finales, très malines, laisseront le lecteur un peu secoué.

Si vous voulez passer un bon moment de lecture-détente mêlant agréablement suspense et humour, lisez Olivier Gay. Vous verrez, c’est pas triste.

Mais je fais quoi du corps ?, d’Olivier Gay, Le Masque (2014), 298 pages.

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Les mannequins ne sont pas des filles modèles est le troisième roman d’Olivier Gay, paru au Masque ce mois-ci. Depuis  Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, il a en effet publié un roman de fantasy, Le Boucher, aux Éditions Midgard-Lokomodo (que je n’ai pas lu).

 

 

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Une fois n’est pas coutume, Moussah, le pote de Fitz et Deborah, est en couple depuis quelques semaines. Avec un mannequin en plus, une ravissante métisse. Tout ça était trop beau. Alors qu’elle devait participer à un concours qui allait peut-être changer sa vie, la magnifique Cerise disparaît sans laisser de traces, et les pépins ne font que commencer pour le trio de noctambules invétérés. Puisqu’il semblerait qu’elle ne soit pas partie de son plein gré, qui pourrait bien avoir un intérêt à enlever la jeune femme ? L’une de ses concurrentes top model peut-être ?

 

Mon avis

 

« – Tu prends toute cette histoire très au sérieux, dis-moi.

– Bien sûr ! Pour toi, tout ça, c’est des paillettes, mais c’est mon job et c’est ma vie. Si je ne gagne pas cette élection, si je ne deviens pas Miss Podium, je peux faire une croix sur ce métier. C’est comme si je me faisais licencier sans indemnité. Comment est-ce que tu le vivrais, toi, si tu perdais ton boulot ?

Je dus reconnaître du bout des lèvres que ce serait ennuyeux, bien sûr. Est-ce qu’ils proposaient des ruptures conventionnelles chez les narcotrafiquants ?
J’étais en train de me demander pourquoi j’étais venu lorsqu’elle se pencha pour récupérer un dossier sous le meuble. Mes yeux se figèrent sur la toile tendue de son jean. Ah oui, voilà pourquoi. »

On retrouve donc avec entrain le personnage de John-Fitzgerald, a.k.a. « Fitz », que d’aucuns ont déjà pu apprécier dans  Les talons hauts rapprochent les filles du ciel. On ne change pas une équipe qui gagne, aussi Olivier Gay reprend dans Les mannequins ne sont pas des filles modèles les mêmes ingrédients que ceux utilisés pour son premier roman récompensé. Voici donc un nouvelle aventure rocambolesque du don Juan dealer de coke dans les soirées de la capitale. Ce coup-ci, Fitz et Deborah sont bien décidés à tout faire pour aider leur ami Moussah à retrouver sa dulcinée sans faire intervenir la police. Et ce par tous les moyens, comme l’infiltration d’une agence de mannequinat. Mais Fitz, maladroit comme pas deux, est loin d’être une taupe modèle, et notre trio n’est pas au bout de ses peines.

 

« Un rapide regard sur mon radio-réveil me confirma : minuit quarante. […]

Ce fut à ce moment-là qu’on frappa à la porte.

Je m’immobilisai à mi-chemin de la salle de bains, tout les sens au aguets.

On frappa de nouveau. Par terre, Deborah grogna et se roula en boule. Je n’attendais personne à cette heure-ci, et je ne voyais pas quelle visite pourrait me faire plaisir. Il n’y a guère que dans les films que des femmes viennent sonner en porte-jarretelles en expliquant que leur douche est en panne. Et encore, seulement certains films. »

Comme dans le premier opus, le plaisir de lecture est permanent. L’action et le suspense sont au rendez-vous, avec quelques rebondissements bien sentis au programme. Les personnages sont toujours aussi délurés et sympathiques. Plus encore, l’humour est omniprésent, et le sourire quitte rarement les lèvres du lecteur.

 

« Tu sais quoi, Mouss, les filles, c’est comme la vodka.
Il me regarda stupidement, le regard encore embrumé de sommeil.
– Quoi, c’est des patates fermentées ?
– Non, mais ça donne vraiment mal au crâne le matin. »

 

Olivier Gay ne s’interdit aucun jeu de mots et (s’)amuse dès qu’il le peut (et ça ça me plaît ^^) : dans les dialogues, dans les situations « abracadabrantesques » dans lesquelles se fourrent les protagonistes, Fitz le premier, et même dans les descriptions.

 

« Un mètre quatre-vingts, un visage d’ange et des côtes saillantes ? Si elle n’était pas mannequin, elle revenait d’un séjour sportif au Darfour. »

C’est donc avec plaisir et bonne humeur que l’on renoue avec les aventures de Fitz. Ce second titre, aussi enlevé et enjoué que le précédent est un petit régal. Espérons qu’il en appelle d’autres.

 


Les mannequins ne sont pas des filles modèles, d’Olivier Gay, éditions du Masque (2013), 348 pages.

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, paru au Masque en avril dernier, est le premier roman d’un jeune auteur Français, Olivier Gay.

https://i0.wp.com/polars.pourpres.net/img/uploads/41IYuogZKjL._SL500_.jpgRésumé

Fitz – John-Fitzgerald de son vrai prénom – est un fêtard absolu. Quand les gens bossent, il dort, se levant seulement quand tombe la nuit pour aller vendre un peu de poudre blanche et profiter au maximum des soirées parisiennes et des Parisiennes en soirée. Lorsqu’il ne sort pas, il passe le plus clair de son temps en ligne, déguisé en elfe, à chasser orques et autres gobelins.
Malheureusement pour Fitz et sa routine, Jess, l’une de ses innombrables ex, est lieutenant de police… et elle a vraiment besoin de son aide.

Mon avis

Les forces de l’ordre ont jusqu’à présent réussi à le cacher aux médias, mais il semblerait qu’un tueur en série sévisse dans la capitale. En peu de temps, il s’en est pris de manière ignoble à quatre filles, retrouvées mortes dans leur appartement et en sale état. Aucune piste pour Jessica et son équipe. Les seuls points communs entre les jeunes femmes : elles étaient très jolies et fréquentaient régulièrement les soirées branchées.

« Je hochai la tête. J’étais un gagne-petit, je le savais, ils le savaient. La poudre me permettait de me frayer un chemin dans les soirées à la mode et d’assurer le loyer de mon petit studio. Je ne cherchais pas grand-chose de plus. Les voitures ne m’intéressaient pas, les vêtements de marque coûtaient bien moins chers en contrefaçon et je pouvais compter sur mon charme naturel pour éviter de payer trop souvent un verre aux filles.

J’avais vu assez de gars se brûler les ailes, des costauds, des habiles, des malins, des protégés. Ils avaient des épaules plus larges que moi, mais ils finissaient par chuter. Des sept péchés capitaux, la gourmandise et l’envie sont les plus répandues. Je préfère la luxure et la paresse. »

C’est pourquoi la belle lieutenant fait appel à Fitz, seul susceptible selon elle de l’aider dans son enquête en laissant traîner ses yeux et ses oreilles dans les boîtes à la mode. D’abord réfractaire, il accepte la mission – chantage aidant – et finit même par prendre son enquête à cœur, assisté de Moussah et Deborah, deux clients/amis hauts en couleur.

« Une chemise D&G : 150 euros. Un jean Diesel : 100 euros. Des mocassins Tony Hilfiger : 200 euros. Se rouler dans la boue avec un inconnu ? Ça n’avait pas de prix. »

La quatrième de couverture nous informe qu’Olivier Gay connaît bien le Paris by night. S’il est difficile de quantifier la part autobiographique contenue dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel – très joli titre soit dit en passant – il semble bien que ce soit véridique. Il sait en tout cas nous le faire vivre comme personne, et avec une bonne dose d’humour – l’auteur ne se prive pas de bons mots lorsqu’il en a l’occasion.

« Les passants passaient, les mateurs mataient, les badauds badaient. »

On s’amuse souvent des déboires de Fitz, et de la manière dont il les raconte – le récit est écrit à la première personne. Pourtant dealer de cocaïne, loser patenté et Casanova souvent tenté, Fitz est un de ces anti-héros qu’on ne peut s’empêcher de trouver sympathique. Olivier Gay prend un malin plaisir à faire durer le suspense, disséminant les indices avec parcimonie jusqu’aux toutes dernières pages, riches en action et révélations.

« Au début, j’avais tourné les pages comme à regret, piégé par le chantage ignoble de mon ex-compagne. Au fur et à mesure des descriptions, au fur et à mesure des tortures, les choses avaient changé. Je ne me considérais pas comme un saint, loin de là – bordel, j’avais de la coke dans mon armoire ! – mais la froide boucherie derrière ces crimes touchait une corde sensible. Tu as gagné Jessica. Si jamais je peux trouver une info pertinente qui te permettrait de coincer ce salaud, compte sur moi.

Quatre belle filles mortes, ça en faisait autant que ne partageraient jamais ma couche. »

À la lecture des Talons hauts rapprochent les filles du ciel , difficile de croire qu’il s’agit d’un premier roman. Le ton est juste, les personnage réussis, le suspense savamment dosé. Les membres du jury du Festival de Beaune ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, en attribuant cette année à Olivier Gay le Prix du premier roman. Un premier opus des plus plaisants, un jeune auteur à surveiller…



Les talons hauts rapprochent les filles du ciel
, d’Olivier Gay, Le Masque (2012), 380 pages.