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Les Dames blanches est un roman de Pierre Bordage paru chez L’Atalante en mai 2015.

51lxcglrbzlRésumé

France, de nos jours.
Élodie habite dans les Deux-Sèvres, où elle élève seule son fils Léo, âgé de 3 ans. Un jour, une curieuse bulle blanche, assez imposante, apparaît dans un champ non loin de la maison. Élodie est curieuse mais ne s’en inquiète pas plus que ça, jusqu’à ce que Léo, comme subitement attiré par la chose, coure vers elle pour disparaître à l’intérieur. Bientôt, d’autres bulles, identiques, apparaissent aux quatre coins du globe, et d’autres enfants se font avaler par ces « Dames blanches », aussi mystérieuses que solides.

Mon avis

On ne présente plus Pierre Bordage, prolifique auteur qui figure parmi les plus grands noms des littératures de l’imaginaire en France. Touche-à-tout, il écrit aussi bien de la fantasy que du thriller – on se souvient du très bon Porteurs d’âmes, paru au Diable Vauvert en 2007 – ou, comme ici, des romans d’anticipation.

Dans cet opus, de mystérieuses bulles happent, sans qu’on ne sache ni pourquoi ni comment, des enfants ayant tous pour point commun d’avoir moins de quatre ans au moment de leur disparition. À partir de cette idée de départ, originale mais relativement simple, l’auteur nous propose un grand roman choral, riche en action et faisant parfois froid dans le dos.

Les chapitres font se succéder différents personnages et l’on découvre tour à tour, Élodie et Léo donc, puis Camille, une jeune journaliste chargée d’enquêter sur ces étranges bulles ; Lucio, un ex-légionnaire devenu artificier et chargé par le gouvernement de trouver une solution pour éradiquer ces choses manu militari ; Basile, un ufologue noir convaincu que les Dames blanches ne sont pas venues sur Terre en ennemies et qui essaie de communiquer avec elles, etc.

Tout au long de ce récit intelligent en diable qui se déroule sur plusieurs générations – bien rares sont les romans à se dérouler sur un temps aussi long, c’est dommage – l’auteur prend un malin plaisir à imaginer les réactions des uns et des autres, et notamment de nos chers gouvernants, face à ces phénomènes inexplicables. Ses trouvailles, comme la terrible loi d’Isaac bientôt promulguée par l’ONU au niveau international, sont parfois aussi atroces que malheureusement prévisibles en un sens. Mais ne dévoilons pas plus les éléments de ce superbe roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre et gagnerait à se voir offrir une seconde jeunesse au format poche.

Avec Les Dames blanches, Pierre Bordage signe une fiction d’anticipation brillante qui ne peut que donner envie de poursuivre la découverte de l’œuvre riche de cet auteur talentueux aux univers parfois très différents.

Les Dames blanches, de Pierre Bordage, L’Atalante (2015), 380 pages.

Porteurs d’âmes est un roman de Pierre Bordage, grand auteur de science-fiction français.
Ce roman est vraiment difficile à classer, tant il emprunte à de nombreux genres : polar, science-fiction, roman d’amour…

Ce roman fait partie de la sélection automnale du Prix SNCF du Polar 2007 dans la catégorie Polars français.

9782846261333Résumé

Léonie, achetée enfant au Liberia, séquestrée, prostituée, s’enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, inspecteur désenchanté à la Crim’, déprimé par tes violences, la misère et le cynisme qu’il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d’un genre nouveau, pour trouver le frisson de l’extrême : le transfert de l’âme dans un corps d’emprunt. Leur point commun ? Tous trois sont porteurs d’âmes, comme tous les êtres humains. Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être…

Mon avis

Excellente lecture que je vous conseille vivement.

Un petit mot tout d’abord sur le découpage du livre. L’alternance des personnages tous les chapitres, parfois lourde, voire énervante dans certains romans, me paraît ici justifiée et réussie, avec à chaque fois LA petite phrase finale (à la Chattam, je dirais) qui donnerait presque envie de sauter les deux autres chapitres pour savoir ce qui suit directement.

L’écriture est agréable et très fluide.
Les personnages principaux sont tous très attachants.
Pas de temps mort : le roman a beau être épais – quelque 500 pages – on ne s’ennuie pas une seule seconde.
J’ai particulièrement apprécié l’aspect sociétal du roman, avec une mention spéciale pour les petits éléments de la vie courante – dans ce futur proche créé par Bordage – qui sont parfois croustillants, et plausibles (nouvelles limitations de vitesse, conflits au Moyen-Orient, …).

Seul bémol : quelques éléments par trop prévisibles (à mon avis).

Porteurs d’âmes, de Pierre Bordage, Au Diable Vauvert (2007), 501 pages.