Articles Tagués ‘Prix Polars Pourpres’

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, a-t-on coutume de dire.
Pour moi, c’est le cas, puisque j’ai fait une superbe rencontre (quasi) inespérée qui change ma vie, mais pour vous, pas forcément.
C’est pourquoi je vais tâcher de me botter le cul pour continuer à vous proposer régulièrement (peut-être pas autant qu’à une époque mais régulièrement) des articles concernant mes dernières lectures, et elles ne manquent pas (je dois avoir une bonne vingtaines de romans lus et non chroniqués, au bas mot).
Enfin bref… #3615mavie

Avec les jours qui raccourcissent et le froid qui s’installe, l’hiver est aussi la saison de la finale du Prix Polars Pourpres, comme vous le savez sans doute si vous suivez ce blog avec assiduité.

Les finalistes de la 11e édition sont désormais connus (voir ci-dessous).
Pour la petite histoire, cette année, 3 romans se sont dégagés pour le Prix Découverte, normal, mais il y avait pas moins de trois ex-aeco à la 3e place pour le Prix Polars Pourpres — soit 5 finalistes en puissance au lieu de 3 — ce qui nous a amené à organiser un imprévu second tour, qui a vu l’élimination d’Assassins de R. J. Ellory (Sonatine) et d’Une putain d’histoire de Bernard Minier (XO).

Au fur et à mesure de mes lectures, vous pourrez cliquer sur les couvertures pour avoir accès à la chronique correspondante. Pour l’instant je n’ai lu que le très beau Grossir le ciel (je vous le conseille) ainsi que le sombre mais non moins réussi L’enfer de Church Street.

Prix Polars Pourpres

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Prix Polars Pourpres Découverte

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Pour voir le palmarès dans son intégralité depuis 2005 ou avoir plus de renseignements sur le prix, vous pouvez vous rendre sur cette page. Vous pouvez aussi me poser vos questions bien sûr.

Qui succédera au palmarès du Prix Polars Pourpres à Maud Mayeras (Reflex) & Michaël Mention (Adieu demain), vainqueurs ex-aeco l’an dernier et à Terry Hayes (Je suis Pilgrim) pour le Prix Découverte ?

Réponse début mars !

Avec mes vacances puis le déménagement du blog, je ne vous avais pas encore donné les résultats de l’édition 2014 du Prix Polars Pourpres.
D’ailleurs, je n’ai même pas encore terminé de chroniquer ici tout les romans finalistes, mais je garde bon espoir de le faire (je dois encore avoir une dizaine de chroniques en souffrance 😕 ).
Je vous rappelle les finalistes, dont je vous avais déjà parlé par ici.

Prix Polars Pourpres

3000 chevaux vapeur / Antonin Varenne (Albin Michel)
Reflex / Maud Mayeras (Anne Carrière)
Adieu demain / Michaël Mention (Rivages/Noir)

Prix Polars Pourpres Découverte

La faux soyeuse / Éric Maravélias (Gallimard/Série noire)
Les mensonges / Karen Perry (Le Cherche Midi)
Je suis Pilgrim / Terry Hayes (J-C Lattès)

Dans la catégorie Découverte, Je suis Pilgrim l’a emporté haut la main.
Dans la catégorie reine, le suspense a été total. Deux romans n’ayant pas pu être départagé (nombre de voix identique), Adieu demain et Reflex ont finalement été déclarés vainqueurs ex-aeco.

  

Nous avons eu la chance de rencontrer Maud Mayeras et Michaël Mention (les M&Ms du polar français) aux Quais du polar de Lyon. Ils ont bien voulu répondre à nos questions dans une interview dont vous trouverez la vidéo ci-dessous, on les en remercie.

Mon choix correspondant rarement à celui des autres lecteurs de Polars Pourpres, je peux vous avouer sans la moindre honte que je n’avais voté pour aucun des trois lauréats. Mes suffrages étaient allés à Antonin Varenne et Éric Maravélias.

En attendant le prochain Prix Polars Pourpres, je vous reparle très vite de Polars Pourpres, qui vient de faire peau neuve pour fêter ses – déjà ! – dix ans.

Trois mille chevaux vapeur est un roman d’Antonin Varenne paru cette année chez Albin Michel.

Résumé

Birmanie, 1852.
La Compagnie des Indes entre en guerre pour maintenir les intérêts commerciaux de la couronne britannique dans la région. Le sergent Arthur Bowman est envoyé là-bas, à bord du Healing Joy avant de se voir confier le commandement de quelques hommes pour une mission importante le long de l’Irrawady. Capturés et torturés par les Birmans, ces soldats n’en ressortiront pas indemnes.

Londres, 1858.
Détruit à tout jamais mais encore vivant, Bowman est de retour à Londres. Lorsqu’un corps y est retrouvé atrocement mutilé, à la manière des tortures qu’il a connues là-bas, le cauchemar recommence pour le sergent, persuadé que le meurtre n’a pu avoir été commis que par l’un de ses hommes. Pour en avoir le cœur net, il va partir à la recherche des rescapés de l’enfer des jungles birmanes.

Mon avis

« J’écoute les bruits de Londres dehors et je suis presque heureux d’y retourner après avoir supporté la sollicitude écœurante de ces gens. La méchanceté est bien plus sûre que la bonté, dont les mobiles sont toujours suspects. »

Trois mille chevaux vapeur est le cinquième roman d’Antonin Varenne, à qui l’on doit notamment Fakirs et Le mur, le Kabyle et le marin, parus chez Viviane Hamy. Cette fois, c’est chez Albin Michel qu’il signe cet imposant opus aux frontières du polar, du western et du roman d’aventures.
Des descriptions des personnages à celles des lieux qu’ils traversent, l’auteur parvient à nous embarquer totalement. Le temps de la lecture, on est avec Bowman et tous ceux qu’il croise pendant son odyssée, et il est bien difficile de lâcher l’affaire en cours de route, routes qui sont nombreuses, de la Birmanie aux États-Unis en passant par l’Angleterre.

« La ville avait embauché des bras supplémentaires, mais sans eau pour fluidifier les canalisations, le travail ne servait à rien et les égouts se remplissaient jusqu’aux sommets des voûtes.

Fin juin, la température avait continué à grimper et la Tamise s’était épaissie au point de devenir une lente coulée de lave putride. Les déchets des usines, déversés dans les mêmes égouts ou directement des berges, s’accumulaient en nappes noires et grasses. Les rejets des abattoirs flottaient à la surface du fleuve solidifiée. Des carcasses de vaches et de moutons, engluées dans la boue, passaient lentement devant le nouveau Parlement de Westminster. Les pattes des squelettes pointaient en l’air comme sur un champ de bataille abandonné et des corbeaux venaient s’y percher. Il fallait une demi-journée pour que les cornes d’un bœuf, à l’horizon du pont de Lambeth, passent sous les fenêtres de la Chambre des lords et disparaissent sous le pont de Waterloo.

On prétendait qu’à certains endroits on pouvait traverser le fleuve à pied.

Le 2 juillet, la chaleur fut sans égale et la ville toute entière recouverte par l’odeur d’un gigantesque cadavre. »

L’enquête, qui touche Bowman de près, est en elle-même assez intrigante pour qu’on ait envie de connaître le fin mot de l’histoire. Mais surtout, c’est le parcours personnel du sergent, initiatique et semé d’embûches, que l’on suit avec grand plaisir.

« Peut-être qu’il aurait dû écrire une dernière lettre. […] Mais il n’avait plus rien à ajouter. Les mots aussi tournaient en rond. Il regardait la masse noire du Pacifique et les étoiles au-dessus, autres gardiens éternels, et repensa aux séquoias. Les arbres centenaires savaient que la fuite était inutile. Arthur se souvient d’avoir déjà respiré l’air de cette forêt. […] L’air d’un cercueil refermé sur lui. Bowman réalisait, écoutant les vagues au loin, qu’il n’avait pas impunément traversé tous ces paysages. Chaque fois, il y avait laissé un morceau de lui, de temps passé et de vie disparue. Le sergent Bowman était maintenant éparpillé aux quatre coins du monde. Il ne restait plus grand-chose de lui. »

Difficile d’en dire beaucoup plus sans déflorer l’histoire davantage mais pour faire simple, on peut dire qu’il y a dans ce texte tout ce qu’il faut pour faire un grand roman : de l’action, de l’amour, de la haine, des personnages forts. Si parfois tous ces ingrédients sont réunis sans que la mayonnaise ne prenne, ils sont ici parfaitement dosés par Antonin Varenne. Et quand on referme à regret un livre de quelque 550 pages en se disant que le temps est passé trop vite et qu’on serait bien resté un peu plus avec ses personnages c’est qu’on a effectivement affaire à un grand roman.

Avec Fakirs, Antonin Varenne avait commencé à faire parler de lui. Avec cet épique Trois mille chevaux vapeur, il franchit un sérieux cap. Il devient un auteur au talent confirmé, qu’on attendra de relire avec impatience. Une bien belle histoire qui donne envie de connaître la suite de Varenne.

Trois mille chevaux vapeur, d’Antonin Varenne, Albin Michel (2014), 553 pages.

Je vous avais parlé par ici des finalistes de cette neuvième édition du Prix Polars Pourpres.

Comme vous avez pu le constater ces dernières semaines, j'ai eu l'occasion de lire tous les romans en compétition (ne manque plus que la chronique du 22/11/63 de Stephen King).

Nous venons d'officialiser les résultats. Les voici.

 

Dans la catégorie Découverte, Ghislain Gilberti l'emporte d'un cheveu devant Sandrine Collette (Des noeuds d'acier) avec son premier roman Le festin du serpent.

 

 

Déjà second l'an dernier juste derrière Patrick Graham (Des fauves et des hommes) avec son excellent Back Up, Paul Colize gagne une place et l'emporte dans la catégorie-reine pour son beau roman Un long moment de silence.

 

 

Félicitations à eux, ainsi qu'aux finalistes !

Et merci à tous les lecteurs qui font vivre ce prix, et à l'année prochaine !

Un long moment de silence est le neuvième roman du Belge Paul Colize.

Il fait partie des finalistes du Prix Polars Pourpres.

Résumé

New York, 1948.
Le jeune Nathan Katz arrive à Brooklyn. Il a été recruté par « Le Chat », une organisation secrète qui traque et élimine les nazis responsables de la Shoah. En effet, comme les autres agents du réseau, Nathan a perdu une partie de sa famille dans les camps de la mort.

Le Caire, 1954.

Des hommes lourdement armés ouvrent le feu dans le hall de l’aéroport. Le bilan est très lourd : 21 morts, une trentaine de blessés. Des policiers de différents États ont beau collaborer, on ne connaîtra jamais l’identité des meurtriers, pas plus que les raisons de l’assaut. L’enquête est officiellement abandonnée en 1961.
Paris, 2012.

Stanislas Kervyn est le dynamique patron d’une entreprise spécialisée dans la sécurité informatique. Fils d’une des victimes de la « tuerie du Caire », il publie un livre proposant sa version des faits. Après avoir été invité sur le plateau d’une émission littéraire télévisée, il reçoit l’appel d’un vieil homme qui soutient avoir fait partie du commando ayant abattu son père.

Mon avis

Après avoir très agréablement surpris son monde avec le superbe Back Up, le Belge Paul Colize revient, toujours à La Manufacture des livres, avec ce Long moment de silence.
Différent par les thèmes abordés et le traitement des protagonistes, on trouve néanmoins des similitudes entre les deux romans, en particulier cette facilité qu’a l’auteur de jongler entre les personnages et les époques, les évènements réels et fictifs, sans jamais casser la dynamique du récit. C’est d’une telle fluidité que ça semble facile, quand bien même ça doit demander force travail et talent.
Par contre, les personnages, globalement sympathiques dans Back Up, sont ici plutôt antipathiques, pour ne pas dire détestables. Le jeune Nathan Katz, aussi naïf que manipulable, est loin d’être un héros. Quant à Stanislas, odieux avec ses collègues, il entretient des relations pour le moins particulières avec la gent féminine, qu’il ne voit que sous l’angle des relations sexuelles. Il classe chaque femme selon ce critère : baisable ou pas baisable. On le savait déjà, mais Paul Colize nous le prouve à son tour : il n’est pas nécessaire de proposer des personnages sympathiques pour accrocher le lecteur.
Ici, l’intérêt vient plutôt des quêtes des différents protagonistes, ainsi que des zones d’ombres concernant chacun. Habilement, l’auteur nous donne un peu de grain à moudre au fil des pages, avant que tout ne s’accélère dans un final aussi réussi qu’émouvant.

À la lueur de la postface (à ne lire qu’après avoir terminé le roman !), on comprend que cet opus qui semblait de prime abord un peu « froid » (de par le caractère de ses personnages notamment) est sans doute le plus personnel de l’auteur. Une belle réussite, déjà récompensée par plusieurs prix, qui vient confirmer qu’il faut désormais compter sur Paul Colize. On peut donc résider à Waterloo et collectionner les succès !
La Manufacture des livres a annoncé pour début mai le dixième roman de l’auteur. De nombreux lecteurs l’attendront de pied ferme, d’autant que son titre est pour le moins intrigant : L’avocat, le nain et la princesse masquée.

Un long moment de silence, Paul Colize, La manufacture de livres (2013), 469 pages.

Comme chaque année depuis 2005, c'est quand les jours commence à sérieusement raccourcir que sont dévoilés les finalistes du Prix Polars Pourpres, ou plutôt des Prix, depuis la création de la catégorie Découvertes (premier ou deuxième roman).
Cette année, on a plutôt de gros romans, mais peu importe. Ça tombe même plutôt bien, on lit plus facilement quand il fait moche et froid dehors.

Les lecteurs souhaitant participer ont livré leurs sélections et les titres les plus souvent cités ont été choisis.
Même si vous ne souhaitez pas participer, ça peut vous donner des idées de lecture, ou de cadeaux de Noël…

Au fur et à mesure de mes lectures, vous pourrez cliquer sur les couvertures pour avoir accès à la chronique correspondante. Pour l'instant j'en suis à un zéro pointé, mais j'ai commencé Point zéro.

Prix Polars Pourpres
 

Prix Polars Pourpres Découverte

 

Pour voir le palmarès dans son intégralité depuis 2005 ou avoir plus de renseignements sur le prix, vous pouvez vous rendre sur cette page. Vous pouvez aussi me poser vos questions bien sûr.

 

Qui succédera à Patrick Graham (Des souris et des hommes) et Joël Dicker (La vérité sur l'affaire Harry Québert) ?

Le suspense va courir quasiment jusqu'au printemps…

Des fauves et des hommes est un roman de Patrick Graham paru chez Anne Carrière en septembre 2012.

Il a remporté cet hiver le prix Polars Poupres, devant Les fantômes du delta d’Aurélien Molas et Back Up de Paul Colize.

Résumé

Alabama, 1931.

La Grande dépression a fait des milliers de victimes et on ne compte plus les familles qui, chassées de chez elles, prennent la route avec les quelques affaires qu’elles ont pu sauver.
C’est dans ce contexte que la jeune Carson, qui a échappé de peu à la mort mais pas au massacre de sa famille, et Sidney Clifford, un métayer noir ayant mis la main sur de mystérieux documents, vont être amenés à se rencontrer… Et à se serrer les coudes pour échapper au pire.

Mon avis

Patrick Graham est un auteur que je suis depuis ses débuts. Malgré quelques défauts, j’avais apprécié L’évangile selon Satan et L’apocalypse selon Marie. J’avais surtout beaucoup aimé Retour à Rédemption, un beau polar sur l’enfance et l’amitié, dans la veine du Stephen King période Stand By Me. De plus, le cadre (la Grande Dépression) m’attirait assez.

Malgré tout ça, c’est la déception qui prédomine, sans que je puisse dire que le texte soit mauvais, et sans vraiment savoir pourquoi ça ne ma pas plu.

Trop d’attentes d’une part certainement, un contexte personnel pas forcément très favorable à la lecture en ce moment (en juin je cours partout, je suis sur les rotules), et puis le roman.

C’est bien écrit, comme d’habitude, l’action et le suspense ne manquent pas, mais la sauce n’a pas pris, tout simplement. Pas vraiment d’affinités avec les personnages, qui ne m’ont pas touchés plus que ça. Et surtout, une impression de « too much » quasi permanente. Comme si l’auteur avait voulu m’en mettre plein la vue du début à la fin. Ça a apparemment marché pour beaucoup, car le livre a l’air de plaire. Pas pour moi. J’ai vite arrêté de compter les morts tant les personnages tombent comme des mouches autour de Sid et Carson. À force de rebondissements, parfois abracadabrantesques, on se dit par moment « mais qu’est-ce qui va encore bien pouvoir leur arriver ? ». L’histoire elle-même est difficilement crédible par certains aspects, et effectivement, je n’y ai pas souvent cru.
Il n’en demeure pas moins que Patrick Graham sait raconter une histoire, qu’il y a de belles trouvailles, et des moments (plus ou moins) émouvants.

Au final, même si je n’ai pas été emballé, je ne pense pas que Des fauves et des hommes soit un mauvais roman. D’ailleurs, il plaira sans doute à nombre d’entre vous, si ce n’est déjà fait…
Je lirai quand même le prochain Graham qui, je l’espère, me plaira davantage.

Des fauves et des hommes, de Patrick Graham, Anne Carrière (2012), 419 pages.