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Froid mortel (Sankta Psyko) est le quatrième roman du Suédois Johan Theorin.

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Résumé


Valla, Suède.

Jan Hauger est embauché à La Clairière, une « maternelle » (il ne faut plus dire crèche) couplée à un centre de détention psychiatrique et destinée à accueillir les têtes blondes des patients internés. Les employés du jardin d’enfants n’ont pas le droit d’accéder à l’hôpital, et inversement, les bambins passant par une espèce de sas pour aller d’un bâtiment à l’autre visiter leur parent enfermé.
D’étranges choses se passent de l’autre côté et Jan Hauger est bien décidé à en savoir plus. Mais attention, la curiosité est un vilain défaut…

Mon avis


On commençait à bien connaître Johan Theorin pour sa série de romans consacrés à l’île d’Öland et mettant en scène, comme en fil rouge, le vieux Gerlof Davidsson. L’heure trouble, L’écho des morts et Le sang des pierres, trois petits bijoux de roman d’atmosphère embarquant illico le lecteur dans les brumes de la campagne scandinave, avaient fait forte impression.

Bien que Froid mortel se déroule aussi en Suède, changement radical d’ambiance. Le dossier de presse parle d’un « thriller sombre et machiavélique » et évoque Shutter Island et Vol au-dessus d’un nid de coucou. Forcément, avec de telles références, une attente se crée. Si l’on ne peut que saluer la volonté de l’auteur de sortir, pour une fois, de son cadre habituel, la déception est au rendez-vous.

Même avec beaucoup de bonne volonté, bien difficile de s’attacher au personnage de Jan, aussi charismatique qu’une huître morte. L’un des principes du thriller étant de faire « frissonner » le lecteur de concert avec le protagoniste, c’est déjà mal parti. Bien qu’on en apprend peu à peu sur le (trouble) passé de Jan et sur ses motivations (pas forcément toujours très avouables), le livre met de plus beaucoup de temps à s’installer. L’auteur a lu/vu des thrillers à l’américaine, cela se sent. Il essaie de reproduire le modèle – un serial killer par-ci, une lampe-torche qui s’éteint au mauvais moment faute de piles par-là – mais la sauce ne prend pas vraiment. Le suspense n’est que relatif et il faut attendre le dernier tiers du livre pour commencer à s’intéresser au sort des personnages.

Malgré quelques rebondissements bienvenus, le dénouement, en demi-teinte, achève de laisser le lecteur sur sa faim. On retiendra quand même certaines réflexions intéressantes, sur la solitude par exemple, et quelques beaux passages – Theorin a une vraie plume, c’est indéniable.

Beaucoup d’attente au départ, et une réelle déception à l’arrivée pour ce nouveau Johan Theorin. Après cette tentative de thriller psychologique guère convaincante, espérons que le Suédois revienne à ce qu’il sait faire de mieux : les romans d’atmosphère se déroulant sur l’île d’Öland (ou pas d’ailleurs). Rendez-nous Gerlof !



Froid mortel
(Sankta Psyko, 2011), de Johan Theorin, Albin Michel (2013). Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, 448 pages.

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Le mur du silence est un roman policier d’Håkan Nesser, auteur à succès en Suède mais encore méconnu dans l’hexagone. Il s’agit de la deuxième enquête du commissaire Van Veeteren que le lecteur a pu croiser dans Retour à la Grande Ombre, son premier roman paru en France.
Le livre fait partie de la sélection européenne « automne » du Prix Polar SNCF 2007.

41j7swg8qolRésumé

L’été est très chaud et le commissaire Van Veeteren, épuisé, se réjouit de partir bientôt en Crète lorsqu’un jeune inspecteur de la ville voisine dépassé par les événements sollicite son aide. Deux appels anonymes lui ont signalé la disparition d’une adolescente séjournant dans un camp de vacances. Bientôt, un premier cadavre est retrouvé dans la forêt. En fait de camp de vacances, Van Veeteren découvre plutôt une secte rigide, La Vie Pure, dirigée par un maître qui a tout pouvoir sur ses adeptes. Van Veeteren avance à tâtons dans un monde de silence avec pour seul guide son intuition. Le sinistre gourou de la communauté a le profil du parfait assassin, mais si la vérité était ailleurs ?

Mon avis

On peut d’emblée reprocher à Håkan Nesser de n’avoir pas fait très original en s’attaquant à ce sujet éculé qu’est la secte. Il en fait pourtant le coeur de l’intrigue, mais aussi un sujet de réflexion sérieuse, avec la question sur la limite entre tolérance et intolérance par exemple.
Le personnage de l’inspecteur vieillissant voulant prendre des distances avec son boulot à l’approche de la retraite est décrit intelligemment.
Le suspense n’est pas à couper le souffle mais ce polar suédois se lit très bien néanmoins.

Le Mur du silence (Kommissarien och tystnaden, 1997), d’Håkan Nesser, Seuil/Policiers (2007). Traduit du suédois par Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy, 295 pages.