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L’Ange de Coppi, paru chez Phébus en 2013 est un recueil de nouvelles « sportives » signées Ugo Riccarelli.
J’ai appris le décès (en juillet 2013) de l’auteur en préparant cet article ce qui fait donc malheureusement de ce recueil sa dernière œuvre.

Les dix nouvelles qui composent ce sympathique recueil content de manière romancée le destin hors-norme de sportifs mondialement connus (Fausto Coppi, Garrincha, Emil Zátopek) ou moins réputés mais aux parcours d’exception (Guy Moll, Tazio Nuvolari, Edward Whymper). Certaines sont consacrées à des équipes de légende, comme Il Grande Torino ou l’improbable FC Start de Kiev.

Dans une jolie postface, Ugo Riccarelli nous parle de sa passion pour le sport qui l’anime depuis l’enfance et qui concerne aussi bien le football (il soutient le Torino) que le cyclisme ou la Formule 1. Il nous explique que c’est lors d’un séjour contraint à l’hôpital qu’il a « décidé d’écrire ces histoires puisées dans un souvenir ou un songe, un peu entre deux mondes, des histoires réelles ou rêvées ».
S’il est une chose qui est facilement vérifiable au bout de quelques pages, c’est bien la passion non-feinte de l’auteur pour les exploits sportifs et les destins, parfois tragiques, des grands champions.

Ces nouvelles mettent parfois en scène des sportifs qui, sans le savoir, courent à la catastrophe, laquelle va contribuer à les faire entrer dans l’histoire. On pense bien sûr aux joueurs de l’invincible Torino des années 1940, définitivement vaincus par le crash de leur avion, mais aussi à l’alpiniste anglais Edward Whymper et sa cordée funeste ou aux malheureux footballeurs ukrainiens du FC Start, qui furent abattus ou déportés pour avoir osé défier par le football les occupants nazis.

Jack Jonhnson en Espagne (1916)

Si l’on prend plaisir à (re)découvrir ces destins (plutôt) connus sous la belle plume d’Ugo Riccarelli, ce sont d’autres nouvelles que j’ai préférées. J’ai particulièrement apprécié la dernière nouvelle du recueil, « Hé ! Pa’ », qui met en scène un sportif du dimanche connu pour d’autres talents, l’écrivain et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. Adulte, il fait connaissance avec un adolescent avec qui il se lie d’amitié. Il est amené à jouer avec sa bande avant de se mettre à les entraîner, en connaisseur du beau jeu qu’il était, lui le supporter de Bologne. J’ai aimé également « La bonne couleur », contant le destin hors-norme de Jack Johnson, passé en quelques années des champs de coton au sommet de la boxe mondiale. De 1908 à 1946, il enchaîna 114 combats pour seulement 7 défaites. Il reste pour beaucoup l’un des meilleurs poids lourds de l’histoire, et une personnalité haute en couleurs, ce qui ne plaisait pas trop dans une Amérique encore profondément raciste.

Si vous aimez les nouvelles, le sport et les destinées hors-du-commun, je vous recommande ce recueil. Gageons que vous pourrez aussi prendre du plaisir à lire L’Ange de Coppi même si vous n’êtes pas un grand adepte des événements sportifs.

L’Ange de Coppi (L’Angelo di Coppi, 2001), d’Ugo Riccarelli, Phébus (2013). Traduit de l’italien par Louise Boudonnat, 218 pages.

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