Stasi Child, premier roman de l’Anglais David Young, est paru chez Fleuve Noir en 2016 (et en poche chez 10/18 depuis), dans une traduction de Françoise Smith.

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Berlin-Est, 1975.
Karin Müller, lieutenant de police, est appelée sur les lieux d’une scène de crime atypique. Aux abords du fameux Mur, une adolescente est retrouvée morte, le dos criblé de balles. Aurait-elle simplement été empêchée de fuir la RDA par un garde-frontière zélé ? Tout indique le contraire puisque les pas dans la neige tendent à prouver qu’elle fuyait… l’ouest !
Pourquoi fuir la RFA pour l’Allemagne de l’Est ? Ne s’agirait-il pas d’une mise en scène ? Mais de qui, et pourquoi ? Müller commence à peine à enquêter que les pressions hiérarchiques se font plus pressantes. À croire que d’aucuns veulent voir l’affaire étouffée dans l’œuf.

Mon avis

Si vous êtes allergique à tout ce qui touche de près ou de loin à l’ex-URSS, et la RDA en particulier, ce roman n’est assurément pas fait pour vous. Bien que David Young soit anglais, il semble s’être très solidement documenté et l’immersion est totale. De son canapé, on se croirait vite dans Good Bye, Lenin! ou, pour filer la métaphore cinéphilique, plutôt dans La Vie des autres. Car le contrôle de la population par la Stasi et ses innombrables agents anonymes est total et de tous les instants, ne laissant guère d’autres libertés aux citoyens est-Allemands que celles laissées par le régime.

Dans ce contexte – l’enquête commence en 1975 – Karin Müller, à la tête d’une unité de brigade criminelle, est une des rares femmes à occuper une si haute fonction au sein de la Volkspolizei. Mais l’enquête qu’on lui confie dans un premier temps, semble vite prendre une tournure qui ne plait pas à tout le monde. Parallèlement, on apprend que le mari de Karin, Gottfried, enseignant berlinois, a un temps été prié d’aller donner des cours dans un centre de redressement pour adolescents de la côte balte, en guise de punition pour son manque de zèle dans l’enseignement de la propagande d’État.

L’intrigue est bien ficelée, quoiqu’assez prévisible, avec ce qu’il faut de fausses pistes et de rebondissements pour la rendre passionnante de bout en bout. Les personnages sont intéressants, bien qu’ils auraient pu être parfois plus creusés. Certains lecteurs trouveront éventuellement la fin un peu caricaturale, ou par trop « hollywoodienne » pour être crédible.

Malgré ces bémols, il n’en demeure pas moins que pour un primoromancier, David Young frappe fort avec ce polar historique aussi passionnant que sérieusement documenté. Salué par les lecteurs, l’auteur s’est vite mis à la rédaction d’une suite. Ce second opus, Sk, toujours avec Karin Müller, est déjà disponible.

Stasi Child (Stasi Child, 2015), de David Young, Fleuve Noir (2016). Traduit de l’anglais (Angleterre) par Françoise Smith, 432 pages.
Lu en poche, 10/18 (2017), 456 pages.

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