La Ferme aux poupées / Wojciech Chmielarz

Publié: 2 août 2018 dans Polar est-européen, Polar polonais
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La Ferme aux poupées (Farma Lalek) est un roman de Wojciech Chmielarz paru chez Agullo au printemps dernier.
Il est traduit du polonais par Erik Veaux.

417fjcm8o4lRésumé

Jakub Mortka a été missionné dans la petite ville de Krotowice. S’il a officiellement été envoyé là-bas temporairement dans le cadre d’un programme de partage de compétences entre services de police, il faut dire que les supérieurs du Kub voulaient surtout le voir s’éloigner de la capitale. Et lui faire payer la gestion toute personnelle de sa dernière affaire. Oui mais voilà, le Kub ne cherche pas les affaires sensationnelles, ce sont elles qui le trouvent. Bientôt, une fillette de onze ans disparaît. Un pédophile est très vite appréhendé mais quelque chose cloche. Ses aveux sonnent faux et le flair de l’inspecteur le pousse à poursuivre l’enquête là où d’autres auraient immédiatement clos le dossier.

Mon avis

On le sait depuis Pyromane (dont ce roman est en quelque sorte la suite ; aussi, il est vivement conseillé de lire cette série dans l’ordre), Wojciech Chmielarz est un spécialiste des retournements de situation bien sentis, qu’il distille l’air de rien là où certains auteurs de thrillers en font des caisses. Concernant les rebondissements, le lecteur va en avoir pour ses frais, et ce du début à la fin. Si certains pourront paraître un peu téléphonés, d’autres viennent de nulle part et prennent complètement au dépourvu, comme ce point final qui n’en était pas tout à fait un. Mais chut, n’en disons pas plus.

L’auteur a fait le choix, dans cette seconde enquête de son personnage, de le faire évoluer dans une petite ville de province, contraint et forcé. Étonnamment, c’était aussi le choix de son compatriote Zygmunt Miloszewski dans Un fond de vérité, (là aussi) la seconde aventure de Teodore Szacki. Le procureur de l’un et l’inspecteur de l’autre partagent d’ailleurs des points communs : des difficultés avec leur hiérarchie ou à gérer leur vie familiale compliquée, et un sens tout particulier du devoir quand leurs enquêtes prennent des tournures inattendues. Les deux auteurs venus de l’est ont aussi ceci en commun d’être journalistes de métier et d’exceller dans la manière de donner à voir les travers de la société polonaise contemporaine sans avoir l’air d’y toucher – ce qui est très possiblement lié. Si l’accent était mis sur la question juive et les dérives antisémites dans Un fond de vérité, bien difficile d’en dire plus sur la thématique principale abordée dans cette Ferme aux poupées sans déflorer l’intrigue. Tout au plus que concernant ce sujet abominable, la réalité n’est malheureusement guère éloignée de la fiction.

Visiblement à l’aise dans l’écriture et toujours redoutable lorsqu’il s’agit de prendre son lecteur à contre-pied, Wojciech Chmielarz confirme tout le bien qu’on avait pensé de lui en lisant son précédent opus. Deux autres enquêtes du Kub sont d’ores et déjà disponibles en polonais. Si elles sont du même niveau que les deux premières, il y a fort à parier – on le souhaite en tout cas – qu’elles soient prochainement traduites en français.

La Ferme aux poupées (Farma Lalek, 2013), de Wojciech Chmielarz, Agullo/Noir (2018). Traduit du polonais par Erik Veaux, 399 pages.

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