Un feu dans la plaine / Thomas Sands

Publié: 29 mars 2018 dans Polar français
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pol_cover_30083Un feu dans la plaine est le premier roman de Thomas Sands, dont on ne sait pas grand chose.

Résumé

On ne connaît pas son nom. On sait juste qu’il a vingt-trois ans. Et déjà une chienne de vie derrière lui. Son père parti. Sa mère licenciée, puis le chômage. Pas de goût pour l’école, pas de goût pour grand-chose, les premières conneries, la bécane volée, le contrôle de police qui dérape, la prison.
Maintenant, il est sorti, et bien décidé à faire péter le système, d’une façon ou d’une autre.

Mon avis

Ce n’est sans doute pas un hasard si ce court premier roman – 139 pages – a été choisi, avec Racket de Dominique Manotti, pour inaugurer la collection Equinox. Dans son manifeste, Aurélien Masson, transfuge de la Série Noire, explique que le roman noir a toujours été une littérature critique et qu’Equinox entend gratter là où ça fait mal, tel un chien fou qui viendrait mordre les mollets des doux rêveurs pour les ramener à la réalité.
Le protagoniste imaginé par Thomas Sands est plus qu’un chien fou, c’est un loup enragé, qui sort les crocs non pour blesser mais pour tuer, non parce qu’il le souhaite, mais parce qu’il ne peut plus faire autrement.

Le sang, la vitesse, la tristesse, la violence d’être. Sa guerre, sa jeunesse.

Le style, tout en longues phrases énumératives, sans trop de respirations, pourra peut-être dérouter un instant. Mais il fait partie intégrante du récit, comme si la fuite en avant du personnage était aussi comprise dans l’écriture, oppressante, qui n’offre aucun retour en arrière possible.

Au fil des pages, l’auteur évoque, sans entrer dans les détails, la violence du monde actuel. Le chômage, la solitude, l’échec scolaire, les usines qui ferment, délocalisation oblige, l’asservissement des ouvriers, celle des femmes… Pendant que d’autres, dans leurs belles maisons, font tout pour maintenir le statu quo, pour leur plus grand avantage.

L’homme est un loup pour l’homme, ce n’est pas une nouveauté, et au fil des siècles, le constat n’a guère changé. Pour reprendre le questionnement d’un célèbre rappeur, Comment ne pas être un pitbull quand la vie est une chienne ? En loup solitaire, le jeune homme se prépare à secouer sévèrement la meute, à sa façon, définitive.
Se lisant d’une traite, presque en apnée, Un feu dans la plaine est un roman qui sent l’urgence, la nécessité. Il y a des romans pour vivre, et d’autres pour survivre.
Merci qui ? Merci Thomas Sands.

Un feu dans la plaine, de Thomas Sands, Les Arènes/Equinox (2018), 139 pages.

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